Natixis Asset Management

Natixis Asset Management
D’une semaine sur l’autre, de grands intervenants de la Place révèlent leur politique d’investissement par classes d’actifs et zones géographiques
Un rendez-vous pendant six mois avec trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs afin de décrypter leurs allocations

Coup de froid sur la planète financière. Alors que l’environnement économique mondial s’améliore, les marchés d’actions ont reculé en janvier tant dans les pays émergents que développés. Pourtant, la croissance mondiale devrait progressivement s’accélérer au-delà de 3,5 % au cours de l’année 2014. Et c’est sous l’impulsion des Etats-Unis que les pays industrialisés reprennent aujourd’hui le leadership de l’activité.La demande domestique américaine semble à même de bénéficier d’une dynamique de croissance auto-entretenue grâce au cercle vertueux créé par la Fed qui voit s’enchaîner taux d’intérêt bas, revalorisation des actions et de l’immobilier, consommation des ménages et investissement des entreprises. De façon certes limitée, les ménages commencent à nouveau à s’endetter, ce qui traduit une moins grande perception du risque. Le prolongement de la croissance tout au long de 2014 entraînera une hausse modérée de la masse salariale afin de redistribuer les gains de productivité.Néanmoins, la Fed veillera à ce que l’embellie cyclique ne se traduise pas, dans l’esprit des marchés, par des anticipations de hausses prochaines de son taux directeur. L’enjeu pour sa nouvelle présidente, Janet Yellen, consistera à rendre crédible le guidage prospectif des taux directeurs.L’Europe du Nord confirme en ce début d’année son dynamisme conjoncturel, même si la consommation des ménages allemands reste timide. Au Royaume-Uni, au contraire, les risques sont plus à une reprise explosive de la consommation ravivée par le crédit aux ménages, l’emballement des prix immobiliers faisant craindre le retour aux années de bulle. L’Espagne et l’Italie confirment leur reprise centrée sur les exportations, fruit des efforts de restructuration des années post-crise. Seule la France peine à émerger du marasme, que ce soit dans l’industrie ou les services. La BCE devrait prendre acte de l’amélioration graduelle de la conjoncture et maintenir le statu quo, malgré les risques persistants de déflation à la périphérie de la zone euro.

C’est du côté des pays émergents que le rythme de la croissance décélère. Depuis trois ans, la croissance tendancielle recule pour des raisons structurelles – baisse de compétitivité et manque de réformes – et cycliques – après une hausse de la dette et une détérioration de la balance courante. Les fuites de capitaux qui frappent actuellement certains de ces pays concourent à la dépréciation de leur devise. Ces mouvements sont liés en grande partie à la réduction des injections de liquidités de la Fed dont une part alimentait abondamment des investissements locaux.

Les politiques de relèvement des taux menées par les banques centrales de ces pays (Inde, Brésil, Turquie) ne rencontrent, jusqu’à présent, qu’un succès très limité. Non concernée par des tensions sur sa devise, la Chine enregistre actuellement des statistiques macroéconomiques en demi-teinte. Mais les craintes principales tiennent aujourd’hui au poids de sa dette (plus de 200 % du PIB) et notamment à l’emprise du shadow banking – finance de l’ombre – dans le processus de financement de son économie.

C’est donc en provenance de pays émergents que le froid s’est répandu en janvier sur toutes les places financières qui, pour nombre d’entre elles, enregistraient leur quatrième mois de hausse consécutif. A l’inverse, un flight to quality s’est opéré sur les obligations souveraines américaines et sur les taux longs européens « core » et périphériques.

Néanmoins, ces tensions sur les devises émergentes ne remettent pas en cause notre scénario central qui vise à favoriser les actions par rapport aux obligations. Nous maintenons une vue positive sur les marchés actions des pays développés, particulièrement ceux de la zone euro. Conservant une vue prudente sur les marchés émergents, nous sommes toutefois attentifs à leur évolution car leur niveau de valorisation commence à les rendre plus attractifs.

Sur le plan des taux, les guidances de la BCE, le nouveau recul de l’inflation en zone euro et les tensions sur l’Eonia nourrissent à nouveau l’espoir, sur les marchés, d’une nouvelle baisse de ses taux directeurs. Dans ce contexte, et toujours dans une optique de recherche de rendement, nous restons favorables aux marchés périphériques de la zone euro, en particulier sur l’Italie ainsi que sur les obligations high yield.

Sur le plan des devises, nous maintenons notre biais baissier sur l’euro par rapport au dollar. Le maintien de la réduction des injections de liquidités par la Reserve fédérale jusqu’en octobre devrait contribuer à renforcer le billet vert. En outre, un prochain acte non conventionnel de la BCE – pour éloigner la déflation de la zone euro – pourrait accélérer la baisse de notre devise.

Principaux points forts du marché

  • Accélération de la dynamique macroéconomique
  • Valorisation attractive des actions notamment en Europe

Principaux points faibles du marché

  • Stress sur les marchés émergents de la dette et des devises
  • Poids du shadow banking dans le financement de l’économie chinoise

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 18/02/14 à 17h30

  • CAC 40 4.331 / +0,82%
  • DJ EuroStoxx 50 3.118 / +0,29%
  • DAX 30 9.661 / +1,14% 
  • FTSE 100 6.798 / +0,73%
  • S&P 500 1.841 / -0,36%
  • Dow Jones 16.157 / -2,53%
  • Nasdaq Composite 4.273 / +2,31%
  • Nikkei 225 14.883 / -8,89%