Morningstar recale 1.200 fonds de sa liste de fonds durables européens

Thibaud Vadjoux
Les encours des fonds durables ont diminué de 3.400 milliards à 2.030 milliards de dollars après le passage en revue.
(Image par Mees Groothuis de Pixabay)

Morningstar a écarté 1.200 fonds (1.400 milliards de dollars d’encours sous gestion) de sa liste de fonds durables européens au cours des derniers mois. L’univers d’investissement s’est ainsi réduit de 27% à 4.461 fonds, par rapport au troisième trimestre. Les encours totaux ont diminué de 3.400 milliards à 2.030 milliards, après le passage en revue.

Au quatrième trimestre, le fournisseur de données a mené une analyse approfondie des documents des fonds européens connotés durables et a durci ses critères de référencement. Car, Morningstar avait observé une hausse conséquente du nombre de fonds durables européens, de 78% entre mars (3.444 fonds) et septembre (6.147 fonds), qui s’expliquait par l’introduction des mesures de reporting du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure), le 10 mars 2021. Pour Morningstar, de nombreux fonds se sont auto-proclamés durables, en se classant Article 8 au sens SFDR.

La croissance des fonds durables est élevée. Au quatrième trimestre 2021, la collecte nette sur les fonds durables (113 milliards de dollars, +20%) dépassait celle des fonds classiques (82,2 milliards de dollars, -32%). Morningstar estimait que les fonds articles 8 et 9 pourraient représenter la moitié des actifs des fonds commercialisés au sein de l’UE d’ici à juin 2022.

Le fournisseur de données a notamment relevé que 536 fonds se sont repositionnés comme durables en 2021, soit deux fois plus qu’en 2020. « Transformer des fonds existants en fonds à stratégie durables est un moyen pour les gérants de tirer parti des actifs existants pour construire leur gestion durable, sans avoir à créer des fonds à partir de zéro », souligne Morningstar. C’est aussi un moyen de redonner de l’attrait à des fonds en difficultés. Certains gérants choisissent de verdir tous leurs fonds en étendant par exemple leurs politiques d’exclusion ou en désinvestissant des entreprises le plus émettrices de carbone.