Montpensier s’appuie sur Amundi pour son développement à l’international

Réjane Reibaud
En contrepartie, la filiale du Crédit Agricole est entrée à hauteur de 25% dans le capital de Montpensier Finance.
Max Pixel

Un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire de Montpensier Finance, cette boutique de gestion reprise en  2004 par Guillaume Dard, le fondateur de feu Banque du Louvre. Le géant Amundi a en effet annoncé ce 4 septembre son entrée au capital de la société à hauteur de 25%, le management en conservant 75%.

Pour Guillaume Dard, cette opération est une suite logique de plusieurs éléments. D’abord sur le choix d’Amundi. La société de gestion, première en Europe par la taille des encours, est un géant qui va pouvoir l’aider à se développer à l’international alors que les encours en France sont stables depuis plusieurs années et que ceux à l’international sont encore modestes depuis leur lancement il y a quatre ou cinq ans. « L’international représente aujourd’hui environ 15% de nos encours et avec ce partenariat Amundi, nous avons pour objectif d’atteindre les 50% de nos encours d’ici 5 à 7 ans », explique Guillaume Dard dans un entretien à NewsManagers. « Mon rêve caché en quelque sorte c’est d’aller vendre nos produits en Chine », ajoute-t-il. Amundi y compte en effet une forte présence à travers des partenariats avec les deux plus grandes banques chinoises.

 Amundi s’est aussi révélé un « partenaire naturel pour cette opération, après 35 ans de relations étroites ». Elles ont commencé en 1985 lorsque Guillaume Dard co-fonde la BFT (Banque de financement et de trésorerie) et sa société de gestion, aujourd’hui filiales d’Amundi. La Banque du Louvre, spécialisée dans la multigestion, a par la suite étroitement travaillé avec l’ancien Crédit Agricole Asset Management (devenu Amundi lors de sa fusion avec Société Générale Asset Management), sans compter qu’à la création de Montpensier Finance, plusieurs caisses régionales du Crédit Agricole étaient devenues actionnaires de Montpensier. La société, qui gère environ 2 milliards d’euros, a aussi été plus récemment le premier client externe d’Amundi Services, une nouvelle activité de services du groupe développée pour les sociétés de gestion externes.

Interrogé sur le fait de savoir si des clauses prévoyaient une montée progressive d’Amundi au capital de Montpensier, à l’image de ce qui avait été fait entre La Financière de l’Echiquier et Primonial, Guillaume Dard assure que non. « Cet équilibre actionnarial, 75 % management – 25 % Amundi, a vocation à demeurer stable pour une longue période. Ce partenariat a pour objectif de permettre aux talents qui ont rejoint Montpensier au cours des dernières années de s’épanouir dans la durée », explique-t-il. Les deux entreprises ont pris rendez-vous pour dans sept ans, sans aucune obligation de poursuite ou de renforcement des deux côtés. Le dirigeant, qui conserve le contrôle de l’entreprise et une entière autonomie, veut rassurer ses équipes sur l’avenir : « ma priorité c’est la pérennité de Montpensier Finance ». L’opération a d’ailleurs été réalisée par augmentation de capital, sans aucune cession de titres.

Quant à Amundi, le groupe se positionne comme un soutien au développement international de sociétés de gestion entrepreneuriales de la place de Paris. Il est déjà actionnaire minoritaire de Tobam, Tikehau, IM Global Partner et Nextstage. Ce rapprochement doit aussi lui permettre de compléter l’offre apportée à ses clients dans les domaines des actions européennes et des obligations convertibles. Montpensier Finance a notamment lancé l’an dernier un produit dans l’air du temps avec son fonds climatique, « M Climate Solutions », qui affiche une performance de près de 30% depuis le début de l’année.