Miser sur les fusions pour contrer les taux bas

Candriam lance un nouveau fonds pour surfer sur les conséquences de marché de la crise.
(Pixabay)

Trouver la solution à la persistance des taux bas. C’est la quête du « Graal » depuis plusieurs années pour tous les gestionnaires de patrimoine. Pour les y aider, la société de gestion Candriam vient de lancer une stratégie à rendement absolu, qui se concentrera sur les opérations de fusions et acquisitions (M&A) à haut rendement. Baptisé Candriam Equities L Risk Arbitrage Opportunities, le fonds est un compartiment de la sicav luxembourgeoise Candriam Equities L, gérée par Candriam Luxembourg.

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Le fonds vise à générer un rendement de 400 points de base de plus que le taux à court terme en euros capitalisé (1) et a un objectif de volatilité compris entre 4 % et 6 %.

Le processus d’investissement est basé sur une méthodologie d’évaluation propriétaire permettant d’avoir une vue statistique sur le risque d’échec des opérations. Une analyse qualitative des opérations (risque juridique, contractuel, antitrust…) viendra ensuite compléter l’analyse quantitative. « Cette double grille de lecture a fait ses preuves puisqu’elle permet à l’équipe de gestion de réduire par deux le taux d’échec du portefeuille comparé au taux d’échec du marché », expliquent les deux gérants du fonds, Fabienne Cretin et Stéphane Dieudonné, qui collaborent sur ces sujets depuis 17 ans.

Enfin, le processus d’investissement s’appuie sur une sélection des opérations prudentes combinées à une construction du portefeuille qui met en avant la prise en compte des downsides.

Une cinquantaine d'opérations

« Nous recherchons une grande diversification pour notre portefeuille. Le fonds comptera entre 40 et 70 positions en moyenne. Aujourd’hui le fonds est investi dans 55 opérations officiellement annoncées », précisent les deux gérants.

Pour le placement de sa trésorerie, la gestion du portefeuille s’articulera autour d’une stratégie prudente de fond de portefeuille principalement via les obligations et instruments monétaires.

Le fonds pourra avoir une exposition maximum de 200 % long et 200 % short, en utilisant des contrats d’equity swaps avec un nombre limité de contreparties sélectionnées.

« Le fonds permet aux investisseurs de profiter de l’amélioration des perspectives macro-économiques, de la hausse du nombre de transactions et d’un rendement attractif combiné à une volatilité limitée », avance Fabienne Cretin. Pour la gérante, le contexte actuel est tout à fait propice à ce genre de stratégies. Tout d’abord, d’un point de vue macroéconomique avec la fin de la présidence de Donald Trump, la reprise de la croissance en Chine et la campagne de vaccination mondiale. Ensuite, les conditions de marché demeurent très favorables, entre résilience des marchés des actions et spreads de crédit quasiment au plus bas. En outre, de puissants catalyseurs soutiennent l’activité M&A comme les conditions de financement particulièrement favorables. « Avec entre 25 et 30 opérations éligibles à notre portefeuille annoncées chaque mois, le gisement est important et les exemples nombreux », insistent les deux gérants. En témoigne en France les dossiers emblématiques Véolia/suez ou TF1/M6.

(1) Indice : Euro short-term rate (€STR) capitalisé

L'avis de l'expert

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Brice Ruel, directeur général de Trinity Gestion Privée

« Les + »

Ce fonds est classé dans la catégorie « rendement absolu ». Les points forts de ce type de gestion seront de bénéficier des spreads de crédit qui sont au plus bas, facilitant les fusions et acquisitions. Il est avantageux quand les politiques de taux bas semblent durables. Il détient des actifs monétaires, obligataires et autres titres de créances classifiés au minimum A-2 par une agence de notation.

« Les – »

Les fusions acquisitions ont explosé sur ces cinq dernières années. L’afflux massif des liquidités à des taux extrêmement bas par les banques centrales entretient ce rythme. Ces fonds ne sont souvent pas uniquement investis sur l’€STR dû aux rendements peu attrayants qu’ils offrent. Les gérants doivent diversifier les poches d’investissements et peuvent avoir des stratégies agressives sur les dérivés avec des leviers élevés. Malheureusement, les rebonds techniques sur ces classes d’actifs sont systématiquement en retard aux marchés actions globales.

« Mon bilan »

Je comprends le besoin de diversifier ses actifs mais pouvons-nous penser que les banques centrales vont continuer à financer le marché ? Que va-t-il devenir de ces fonds long/short soumis aux effets des swaps qui les constituent quand le marché se rendra compte que toute cette classe d’actifs est trop chère ? Nous avons tous oublié les ravages de la crise des dettes souveraines de 2011 ou de la crise du Rouble en juillet 2014… L’investisseur a trop souvent le syndrome d’Alzheimer, car tant que le discours est charmeur l’investissement devient une pépite et les gérants savent créer une belle histoire autours de ces nouveaux produits d’investissements.

Fiche technique du fonds

- Code ISIN : LU2223682944
- Durée d’investissement recommandée : 3 ans
- Numérotation SRRI : 4 sur 7
- Frais d’entrée : 3,50 %
- Frais courants : 1,84 %