Portefeuilles

Mandarine Gestion

L’équipe allocation d’actifs de Mandarine Gestion
D’une semaine sur l’autre, de grands intervenants de la Place révèlent leur politique d’investissement par classes d’actifs et zones géographiques.
Un rendez-vous pendant six mois avec trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs afin de décrypter leurs allocations

L’année 2014 débute avec les perspectives d’une croissance mondiale en hausse et d’une poursuite de la réduction de l’écart de croissance entre pays émergents et pays développés.

 

En termes de momentum, ce sont les Etats- Unis qui sont en pointe : les indicateurs sur la santé de l’immobilier sont au plus haut depuis la crise et les créations d’emplois s’inscrivent sur une tendance mensuelle supérieure à 200.000.

 

En zone euro, la reprise démarrée au deuxième trimestre se diffuse lentement : si les indicateurs de confiance sont à la hausse, tant du côté des entreprises que des consommateurs, la courroie de transmission du crédit peine toujours à s’enclencher.

 

Enfin, des deux côtés de l’Atlantique, le poids des Etats sur la croissance s’allégera, en raison de l’impact négatif de baisse des dépenses publiques aux Etats-Unis et de la course aux réductions des déficits publics en Europe.

 

Nous pensons que, même si la Fed fait tout pour déconnecter le « tapering » d’une future révision de sa politique monétaire, les marchés viendront tester les résistances et la volatilité des taux américains restera élevée, notamment à l’approche de tous les chiffres clés, en particulier le rapport emploi mensuel.

 

Ainsi, la tendance des rendements s’inscrit à la hausse, avec comme premier objectif la barre des 3 % sur le 10 ans.

 

Nous sommes donc négatifs sur les obligations américaines. La BCE, quant à elle, a réussi à diminuer la contagion à la hausse venue des Etats-Unis et garde des possibilités d’intervention.

 

Cela justifie pour nous une poursuite de la surperformance des obligations européennes et une opinion neutre sur les pays « coeurs » de la zone.

 

Nous conservons en revanche une vue positive sur les emprunts italien et espagnol compte tenu de l’amélioration des fondamentaux et du portage attrayant.

 

Les taux des obligations d’entreprise, notamment le high yield, rémunère convenablement le risque crédit compte tenu des taux de défaut à ce stade du cycle. Aussi, nous conservons une vue positive sur ce segment en relatif par rapport aux taux d’Etat, en étant attentifs à la liquidité.

 

Les marchés d’actions des pays développés ont connu de fortes hausses en 2013. L’environnement n’en reste pas moins favorable pour 2014 : les banques centrales resteront accommodantes et il n’y a pas d’inquiétudes sur l’inflation.

Néanmoins, si la valorisation reste raisonnable à ce stade du cycle, les niveaux sont tendus à court terme.

 

Nous sommes prudents tactique- ment sur les actions américaines et préférons les entreprises européennes ; si elles sont encore frileuses, préférant le désendettement à l’investissement, une inflexion semble se dessiner. Le point clé sera la progression des bénéfices en 2014.

 

Après une hausse qui s’est faite par l’expansion des multiples, les sociétés doivent maintenant délivrer des résultats. Selon nous, elles en ont les moyens. De plus, la baisse constante du risque zone euro et les flux de réallocation au sein des portefeuilles internationaux sont de puissants facteurs de soutien. Ainsi, nous sommes positifs sur les actions européennes. 

 

Pour sa part, le Japon a vu la réussite, pour l’instant, de la politique du gouvernement Abe qui a conduit à la remontée des anticipations d’inflation et à la baisse du yen, et qui a permis aux chiffres d’activité de se redresser.

 

L’élément clé à suivre est de voir si les entreprises vont en faire profiter les salariés de façon pérenne, ce qui initierait un cercle vertueux pour l’économie nipponne.

 

Si nous restons constructifs sur le Nikkei à moyen terme (en couvrant systématiquement le yen), la forte hausse récente nous conduit à nous alléger tactiquement dans l’espoir de retrouver de meilleurs points de renforcement.

 

Nous sommes toujours plus réservés sur les actions émergentes compte tenu d’un contexte incertain sur les flux, des nombreuses élections à venir (Inde, Brésil, Turquie, Indonésie) et d’un mix croissance-inflation défavorable, en particulier au Brésil et en Inde.

 

A l’inverse, pour la Chine, nous considérons que le dernier plénum est très favorable à moyen terme, tant pour l’économie que pour les marchés, et compte tenu de la valorisation attrayante, nous pensons qu’il est opportun de commencer à constituer des positions.

 

Enfin, nous conservons une vue constructive à moyen terme sur le dollar versus yen, devises émergentes, et euro. L’écart de compétitivité se creuse en faveur des Etats-Unis et la Fed a commencé à réduire ses injections de liquidités.

 

 

Principaux points forts du marché :

  • La croissance économique se renforce dans les pays développés
  • Les banques centrales restent très accommodantes
  • En l’absence d’inflation, la pente de la courbe des taux américains est déjà protectrice

 

Principaux points faibles du marché :

  • La confiance dans les « forward guidances » pourrait faiblir
  • Certains pays émergents sont en situation fragile
  • Après la hausse des cours, les marchés d'actions européens auront besoin d'une croissance des résultats pour ne pas être déçus