L’inconnue Trump met les marchés sous tension

Capucine Cousin
Wall Street a clôturé en baisse vendredi, suite à l'annonce de la contamination de Donald Trump au coronavirus, qui bouleverse le calendrier de la campagne.

La Bourse de New York a clôturé en baisse vendredi, suite au coup de tonnerre provoqué par l'annonce de la contamination de Donald Trump au coronavirus, à un mois de l'élection présidentielle. En clôture, l'indice Dow Jones a perdu 0,5%, à 27.682 points. L'indice S&P 500 a reculé de 1% à 3.348 points, et l'indice technologique Nasdaq a abandonné 2,2% à 11.075 points. Les indices ont cependant conclu la semaine sur une hausse supérieure à 1,5%.

Le diagnostic positif au coronavirus du président des Etats-Unis, âgé de 74 ans, a été annoncé vendredi. Hospitalisé depuis vendredi à l'hôpital militaire Walter Reed à Bethesda, dans le Maryland, Donald Trump a eu des injections de l’antiviral remdesivir, ainsi qu’une dose du cocktail expérimental d’anticorps de synthèse développé par la société Regeneron.

Dimanche, ses médecins affirmaient que sa santé s’améliorait et qu’il pourrait même regagner la Maison blanche dès lundi. Pourtant, les médias américains faisaient part d’informations contradictoires.

Dans la dernière ligne droite, les tensions politiques sont fortes, après un premier débat télévisé entre les deux candidats, le 29  septembre, qualifié de «chaotique» par les analystes. S’y ajoute l'absence d'un consensus politique des partis sur un plan de relance. Et un sondage Reuters/Ipsos publié dimanche donne Donald Trump largement distancé par son adversaire démocrate, Joe Biden, avec 51% des intentions de vote des adultes prêts à voter.

Or, l'annonce de la contamination de Donald Trump a perturbé le déroulement de la campagne électorale américaine à moins d'un mois du scrutin du 3 novembre. Il pourrait être contraint d'annuler des engagements de campagne.

Un nouveau choc, qui a rajouté aux tensions sur les marchés à l'approche de l'élection présidentielle. Déjà avant, dans un environnement d’incertitudes fortes à court terme, «les marchés se sont mis en mode ‘risk off’ les trois premières semaines du mois de septembre. La performance des actifs risqués a été négative, alors que les actifs refuge comme l’or et les taux n’ont pas joué leur rôle. Les actifs liés au rebond de la croissance ont souffert particulièrement. Seul le dollar a monté», relève le groupe bancaire Edmond de Rothschild dans une note d’analyse, publiée vendredi.

Certes, l’impact sur les marchés devrait être «court et limité», nuance la banque Citi dans une note, qui table sur une possible candidature du vice-président républicain Mike Pence – «il pourrait réunir le parti et amener des électeurs républicains modérés».