L’Europe réactive la réforme du Mécanisme de solidarité

Clément Solal, à Bruxelles
Les ministres des Finances européens ont défini un nouveau calendrier de travail et espèrent que le dispositif de soutien commun sera opérationnel fin 2021.

Réunis vendredi et samedi à Berlin, les ministres des Finances européens ont cherché à retrouver une dynamique après des mois passés à gérer la crise du Covid. Le parachèvement de l’Union bancaire était ainsi l’un des dossiers majeurs à l'ordre du jour, le nouveau président de l’Eurogroupe Paschal Donohoe en ayant fait l’une des priorités de son mandat. Le ministre des finances irlandais a fait état de discussions prometteuses à ce sujet, en particulier avec son homologue italien Roberto Gualtieri alors que les divisions au sein de la coalition gouvernementale italienne bloquent toujours la réforme du Mécanisme européen de stabilité (MES). Celle-ci prévoit de faire du MES le fournisseur du dispositif de soutien commun («common backstop») pour le Fonds de résolution unique, le bras financier du volet résolution de l'Union bancaire.

«Nous avons enfin défini un calendrier de travail très clair avec un nouveau traité MES en novembre», a confirmé Bruno Le Maire. «Le backstop doit être mis en œuvre et être opérationnel fin 2021, ce qui sera une véritable avancée pour l’Union bancaire», a ajouté le ministre français.

Autre sujet : l’établissement de nouvelles ressources propres pour l’UE. Entre les projets européens de taxe sur les plastiques non recyclables, de mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ou encore de taxe sur les géants du numérique, les pistes ne manquent pas. Leur concrétisation permettrait d’alléger la contribution des Etats membres au remboursement de la dette que contractera en leur nom la CE dans le cadre du plan de relance européen. «Nous en avons beaucoup discuté. Il faudra prendre des décisions assez vite. (...) Ce n’est pas possible de contracter des dettes sans organiser leur remboursement», a insisté le ministre allemand des finances, Olaf Scholz, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.

La présidence allemande du Conseil de l’UE avait justement souscrit un peu plus tôt au principe d’une feuille de route contraignante en la matière lors d’une réunion avec les négociateurs du Parlement européen et de la Commission européenne (CE). Les différents projets de nouvelles ressources propres font néanmoins pour l’instant l’objet de profonds blocages politiques.

Les discussions ont enfin porté sur la régulation des cryptoactifs, la CE projetant de présenter une proposition législative d’un cadre européen en la matière ce mois-ci. Les ministres français, allemand, espagnol, italien et néerlandais ont appelé à ce que l'exécutif européen mette en place un encadrement strict des cryptomonnaies.