Baromètre 

Les portefeuilles font la part belle à l’ISR

L’ISR fait une entrée remarquée dans les portefeuilles des conseillers financiers
Les investisseurs ont aussi augmenté leur allocation aux liquidités et au fonds en euros

L’ISR (investissement socialement responsable) se développe de plus en plus au sein des portefeuilles des CGP, en particulier via les fonds actions, « alors qu’il tenait une place relativement confidentielle jusqu’en 2017 », selon l’édition 2019 du baromètre de Natixis Investment Managers publié à l’occasion de Patrimonia (1). Avec 71 milliards d’euros sur un total de 514 milliards, la sélection reposant sur des critères ESG (Environnementaux, sociaux et de gouvernance) représente près de 14 % des encours de fonds commercialisés en France en 2019. Cette mesure fait écho à la proportion que Natixis constate en moyenne dans les portefeuilles de conseillers financiers depuis le début l’année, qui se situe à 15 %. « Les investisseurs individuels se sentent de plus en plus concernés par les sujets environnementaux, sociaux, et de gouvernance », souligne Natixis Investment Managers. « Cet intérêt est aussi lié à un effet générationnel. Les Milleniums sont une majorité (56 %), et avant eux, la génération X (48 %), à penser que leurs investissements peuvent avoir un impact positif pour la société ». Enfin la loi Pacte influence également les orientations des CGP vers les stratégies ESG, selon Natixis. Pour rappel, les contrats d’assurance vie souscrits à partir du 1er janvier 2020 devront faire référence à au moins une unité de compte labélisée « ISR » et « satisfaisant à des critères de financement de la transition énergétique et écologique ». Puis en 2022, deux autres UC verront le jour l’une « verte » et l’autre « solidaire ». 

Réduction des risques. Le baromètre constate également une réduction générale du risque des portefeuilles. « L’incertitude géopolitique qui pèse sur les marchés financiers, des valorisations actions qui semblent historiquement élevées, des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas par des banques centrales accommodantes et enfin la perception que la fin d’un cycle de croissance économique approche, sont des facteurs ayant conduit les CGP à réorienter leurs portefeuilles ‘prudents’ et ‘équilibrés’ des fonds patrimoniaux vers les ‘fonds en Euros’ en 2019 ». Pour les portefeuilles « dynamiques » en revanche, ce basculement s’est opéré des fonds actions (principalement les fonds d’actions européennes) vers les fonds flexibles. « Cette réduction du risque par un redéploiement des actifs vers une épargne bancaire, n’est pas inquiétante a priori. En revanche, si le retour vers le fonds en euros n’est pas conduit pour des raisons strictement tactiques mais correspond à une réallocation durable, on peut alors légitimement s’interroger sur la manière dont les investisseurs comptent financer leurs projets de vie ou compléter leur retraite », commente Natixis Investment Managers. 

Comparaison européenne. Par ailleurs, comme constaté dans les éditions précédentes, « le rapport à l’investissement financier varie grandement entre conseillers financiers européens ». Ainsi, l’allocation aux actions ne représente que 23 % des portefeuilles « équilibrés » en Italie, tandis qu’elle représente près de 46 % au Royaume-Uni et aux Pays Bas, plaçant la France au milieu du peloton avec 31 % d’exposition aux actions en moyenne. Dans le contexte actuel de taux bas, Natixis Investment Managers « se demande toutefois dans quelle mesure les objectifs financiers que se fixent les investisseurs individuels d’Europe du sud peuvent être atteints. » 

 

(1) Le baromètre s’appuie sur l’analyse de 88 portefeuilles types de CGP entre juin 2018 et juin 2019. Cet échantillon inclut 28 portefeuilles « prudents », 35 portefeuilles « modérés » et 25 portefeuilles « dynamiques », tels que caractérisés par les CGP