Les marchés évitent la panique après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis

Le candidat républicain n'a cessé de conserver une longueur d'avance tout au long de la nuit sur sa rivale Hillary Clinton. A Paris le CAC 40 a ouvert en baisse de 2,85 % suivant le mouvement des places asiatiques, avant de limiter les pertes.
Bloomberg

Coup de tonnerre aux Etats-Unis. Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a été élu 45e président des Etats-Unis, dépassant la candidate démocrate Hillary Clinton en nombre de voix des grands électeurs et faisant mentir tous les derniers sondages d'opinion. Cette dernière l'a félicité peu après 9h, reconnaissant sa défaite. 

Les places financières européennes ont connu un mouvement de correction très net à l'ouverture même si les chutes ont été très limitées en comparaison avec le Brexit (voir le commentaire de Christian Preussner, spécialiste actions américaines chez JP Morgan AM en vidéo). A Paris, le CAC 40 cédait 2,85%, le DAX 2,9% et le FTSE britannique 1,9%, avant de limiter leurs pertes dans la matinée où Paris ne perdait plus que 1,01% à 11h10. A Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé sur une perte de 5,36%.

Sur le marché des changes, le peso mexicain a plongé de jusqu'à plus de 13% contre un dollar qui baisse de son côté face aux principales devises internationales mais réduit ses pertes. L'euro se raffermit, autour de 1.1070 dollar, et le billet vert cède 0,5% face à un panier de devises mais sa perte était auparavant de l'ordre de 2%. Dans ce contexte troublé, les investisseurs se sont rués dans un premier temps sur les valeurs refuges comme l'or (+1,69%) et les emprunts d'Etat, dont les rendements ont fortement baissé. Toutefois, celui du Bund de référence à 10 ans s'est éloigné de son plus bas de deux semaines inscrit en tout début de matinée, ne perdant plus que 5 points de base. Les futures sur indices de Wall Street ont perdu jusqu'à plus de 5%.

Centré autour de son slogan de campagne «Restaurer la grandeur de l'Amérique», le programme du magnat de l'immobilier prévoit une certaine forme d'isolationnisme et une remise en cause des accords de libre-échange.

Donald Trump, dont le programme des dépenses est réputé non financé, dit vouloir combattre la dette publique fédérale en travaillant sur deux axes: doper l'emploi et faire la chasse aux gaspillages de fonds publics. Il a indiqué qu'il ne toucherait pas aux budgets des programmes fédéraux de santé Medicare (pour les seniors) et Medicaid (pour les populations à faible revenu). Les budgets du département de l'Education et de l'Agence fédérale de protection de l'environnement seraient en revanche réduits.

Une simplification de fiscalité fait également partie de son programme. Il propose de ramener le nombre de tranches d'impositions de sept à trois avec des taux de 12%, 25% et 33% pour la tranche la plus élevée (contre 39,6% actuellement). Il supprimerait l'impôt sur les successions et baisserait le taux de l'impôt sur les sociétés de 35 à 15%.