Les jeunes restent la cible privilégiée des néobrokers

Pauline Armandet
Selon une étude de l'Ifop et de Trade Republic, 15% des Français de moins de 35 ans détiennent une ou plusieurs actions dans une entreprise.
(Pexels - Fox)

Alors que la France compte 7 millions de jeunes âgés de 18 à 35 ans selon l’Insee, 74% «ont la possibilité d’épargner de l’argent chaque mois», souligne Romain Bendavid, directeur de l'expertise corporate et climat social de l'Ifop, qui commente les résultats d'une étude menée pour Trade Republic auprès de 1.513 jeunes. 

Selon l’étude, 15% des moins de 35 ans détiennent une ou plusieurs actions dans une entreprise, tandis que 27% des sondés envisagent d’en acheter dans les douze prochains mois. Les CSP+ et les habitants de l’Île-de-France et des Pays de la Loire sont les épargnants les plus actifs. Par ailleurs, près de la moitié des jeunes ont déjà réalisé au moins un placement financier, et dans 28% des cas, les montants investis sont supérieurs à 1.000 euros par an. 55% des sondés prennent en considération l’impact environnemental dans leurs choix d’investissement.

Mise en garde

«Investir peut être facile, à condition de respecter trois critères : que ce soit sur le long terme, de manière diversifiée et de manière progressive», a déclaré Matthias Baccino, directeur de Trade Republic pour la France, lors d’une conférence de presse. Un an après son lancement en France, le néobroker allemand fondé en 2015 revendique avoir dépassé les 100.000 utilisateurs en France, la plupart étant des jeunes. «Un ordre sur deux exécuté chez Trade Republic en France est un ordre de solution programmé», explique son patron.

Pour autant, 63% des jeunes pensent qu’investir personnellement de l’argent est «difficile», 55% des 18-24 ans estimant qu’investir est même «dangereux». Cette perception rejoint les mises en garde de l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui s'inquiète de la «gamification du trading», un phénomène qui s'est développé aux Etats-Unis avec l'affaire Gamestop, et qui transforme la Bourse en jeu. L'AMF voit aussi d'un mauvais œil le développement de ces nouvelles plateformes qui visent un public jeune. 

Féminisation 

Cela n'empêche pas Trade Republic de vouloir monter en puissance en France. Le néocourtier ambitionne de proposer cryptomonnaies, d'accélérer sur l’investissement responsable et de démocratiser l’investissement féminin. «Les femmes représentent encore une part minoritaire des investisseurs en Bourse. On veut contribuer à lever cette inhibition féminine sur l’investissement», souligne Matthias Baccino qui indique que deux fois plus de femmes investissent sur sa plateforme que la moyenne du marché. 

En France, de plus en plus d’acteurs français ou étrangers s'affrontent pour proposer des offres attractives en matière d'investissement. Les acteurs sont multiples : des banques traditionnelles ou des banques en lignes comme Boursorama, en passant par des néocourtiers tels que Trade Republic et Robinhood ou encore des fintechs comme Revolut et Lydia, qui propose depuis début janvier d’investir à partir de un euro.