Les Français estiment ne pas avoir les moyens d’épargner au-delà du livret A

La faible culture financière des particuliers reste l’élément fondamental pour expliquer ce phénomène, mais le manque d’interlocuteurs clairement identifiés est également important.

49% des Français (43% des CSP+) pensent ne pas avoir les moyens d'épargner suffisamment pour investir ailleurs que sur un Livret A. Ce chiffre issu d’une enquête réalisée par OpinionWay et publiée ce mardi 19 octobre témoigne de la frilosité de nos compatriotes en matière d’épargne. Réalisée pour le compte de la société gestion immobilière Atland Voisin et la plateforme de crowdfunding immobilier Fundimmo, l’étude vise à mieux comprendre la relation des Français à l'investissement financier.

Une culture financière déficitaire

Pour comprendre cette frilosité, il faut d’abord chercher du côté de la connaissance financière. Ainsi, 49% des interrogés considèrent avoir une culture financière insuffisante, voire inexistante pour 14% d'entre eux. Conscients de leurs lacunes, ils sont 73% à estimer que la culture financière devrait faire l'objet d'un enseignement spécifique à l'école et plus de la moitié (53%) a déclaré s’être forgé leur culture financière seuls.

Si l'aversion au risque explique en partie les comportements privilégiant la liquidité et la sécurité au rendement, une méconnaissance globale des produits financiers et des instruments de placement existants limite donc grandement la capacité des Français à faire travailler leur argent.

« Avec près de 38 milliards d'euros de collecte depuis le début de la crise sanitaire, le Livret A demeure indéboulonnable pour les ménages. Des placements plus attractifs qui proposent des rendements de plus 5% restent aujourd'hui ignorés par trop de Français qui se privent d'une diversification de patrimoine par méconnaissance et crainte du risque. Il faut aider les Français à passer d'une culture de l'épargne dormante à une culture de construction de patrimoine », estime Jérémie Benmoussa, président du directoire de Fundimmo.

Manque d’interlocuteurs ?

Autre élément intéressant : 46% des Français déclarent ne pas savoir qui solliciter pour receoir des conseils d'investissement. Et quand on leur demande vers qui ils devraient se tourner pour obtenir de tels conseils :

- 83% pensent que leur conseiller bancaire serait le premier interlocuteur à privilégier

- 66% se tourneraient vers un conseiller en gestion de patrimoine

- Et 63% consulteraient un proche.

Quand on sait qu’en 2020 les Français ont en moyenne mis de côté 21,3% de leur revenu brut disponible (source : Insee), on comprend l’ampleur du trou dans lequel devrait s’engouffrer les acteurs de la gestion de patrimoine.

« Cette étude nous apprend une chose importante : une large part de Françaises et de Français qui ont la capacité d'adopter des stratégies de construction de patrimoine ne le fait pas. Pour y remédier, les enjeux de la confiance et de la connaissance sont fondamentaux (…) Les conseillers ont une grande responsabilité dans cette nécessaire pédagogie et doivent être formés pour que les produits les plus intéressants ne soient pas uniquement réservés aux investisseurs avertis et aux particuliers aux plus hauts revenus », insiste Jean-Christophe Antoine, président d'Atland Voisin.