Les Etats-Unis s’engagent dans une transition complexe

La rédaction
Le président élu Joe Biden risque de devoir composer avec, au mieux, une très courte majorité parlementaire.

Ce sera la première décision de Joe Biden. Quelques heures après sa victoire samedi face à Donald Trump, le président élu des Etats-Unis a annoncé qu’il mettra en place dès ce lundi un groupe de travail pour faire face à l'épidémie de Covid-19. Cette équipe de douze experts sera chargée de mettre au point un plan, que le président élu démocrate compte lancer après son investiture le 20 janvier, pour freiner la propagation du coronavirus qui a fait 237.000 morts dans le pays, le plus touché au monde par la pandémie.

La maladie et ses effets sur l’économie vont nécessairement peser sur les premières décisions qu’aura à prendre le 46e président des Etats-Unis. Joe Biden et sa vice-présidente Kamala Harris vont s'atteler dans les jours prochains à préparer la transition. Un nouveau site internet, BuildBackBetter.com, a été créé dimanche, ainsi que l'adresse @transition46 sur les réseaux sociaux, dans le but d'informer les Américains. Le président démocrate a déjà promis de réintégrer les Etats-Unis dans l’Accord de Paris.
 

La majorité au Sénat pourrait n'être tranchée qu'en janvier

Mais pour mener sa nouvelle politique, Joe Biden risque d’être bridé par son absence de majorité au Congrès. La bataille pour le contrôle du Sénat n’est pas encore achevée. Au vu des résultats partiels et des projections du week-end, les démocrates et les républicains semblent d'ores et déjà assurés de décrocher 48 sièges chacun sur les 100 que compte le Sénat. En Caroline du Nord et en Alaska, les candidats républicains sont bien partis pour l'emporter. Il ne restera alors plus que deux sièges en jeu en Géorgie, où, particularité locale, un second tour devrait être nécessaire le 5 janvier, épilogue de cette course au Sénat. Si les démocrates veulent atteindre l’égalité, ce qui donnerait à la sénatrice Kamala Harris une voix prépondérante, il leur faudra ces deux sièges.

«Mais même dans ce cas, l’inclination relativement conservatrice de plusieurs sénateurs démocrates suggère que les projets économiques les plus radicaux du programme démocrate pourraient s’avérer très difficiles à faire voter», estime Didier Saint-Georges, membre du comité d'Investissement stratégique de Carmignac. Selon lui, «dans le domaine des relations internationales, Joe Biden aura les mains relativement libres, comme pour rejoindre l’Accord de Paris sur le climat ou l’OMS. Mais le vote d’enveloppes budgétaires pour accompagner ces décisions nécessitera quand même un accord du sénat». Ce qui promet de longues tractations au moment où l’économie a besoin de soutien rapide.