Les entreprises familiales françaises ont su résister à la crise

Bruno de Roulhac
Elles sont encore plus optimistes pour l’avenir qu’en 2019. Elles doivent encore faire des efforts en matière de numérique, d’ESG et de succession, selon PwC.

Les entreprises familiales françaises ont prouvé une nouvelle fois leur résistance pendant la crise. Elles n’y ont pourtant pas échappé, 61% ayant pâti d’une baisse de leurs ventes en 2020 (contre 48% des sociétés familiales dans le monde), selon la dixième édition de l’enquête « Global Family Business » de PwC, réalisée auprès de 2.800 dirigeants de sociétés familiales dans le monde, dont 70 en France.

Face à la crise, les sociétés françaises sont seulement 11% à avoir fait appel à des capitaux externes pour traverser la tempête. Leur force, disposer de plus de liquidités que les sociétés non familiales, et avoir fait de plus grands efforts, 41% ayant réduit leurs dividendes contre 34% au niveau mondial. Mais seulement un dirigeant sur cinq en France a réduit sa rémunération, contre un sur trois dans le monde.

Ces entreprises familiales expliquent leur résistance par une culture d’entreprise, où l’humain a une place fondamentale. 80% des entreprises françaises ont fait de la sauvegarde de l’emploi leur priorité contre 71% à l’échelle mondiale. Les trois-quarts des entreprises familiales françaises ont une perception claire et partagée de leurs valeurs et de leur raison d’être, mais seulement 43% l’ont formalisé dans un écrit.

Optimistes pour l’avenir, ces sociétés affichent davantage d’ambitions qu’avant la crise, la quasi-totalité des groupes familiaux français compte se diversifier, lancer de nouveaux produits ou services ou s’attaquer à de nouveaux marchés. Une société sur deux compte accroître son chiffre d’affaires en 2021 et 83% en 2022. A plus long terme, la priorité reste la pérennisation de l’entreprise et, pour plus des deux-tiers, s’assurer que la société française reste dans le giron familial. En revanche, la recherche de dividendes pour les membres de la famille ne concerne que 41% des entreprises françaises, contre 63% dans le monde.

En dépit de ces points forts, les sociétés familiales françaises ont des efforts à faire en matière de numérique – encore plus d’un tiers constate avoir des capacités insuffisantes mais estime que ce n’est pas une priorité –, d’ESG (environnement, social et gouvernance) – seules 39% des sociétés ont mis en place une véritable stratégie de développement durable – et de succession, seulement une entreprise sur quatre dispose d’un plan de succession écrit et communiqué.