Les encours de la gestion d'actifs en France ont progressé de 4,5% en 2017

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Par Newsmanagers

Les encours gérés par les sociétés de gestion de portefeuille en France se sont établis fin 2017 à 3.838 milliards d'euros, soit une nouvelle progression (4,5%) par rapport à 2016, selon des chiffres publiés ce matin sur le site de l'Autorité des marchés financiers (AMF). « Portée par des marchés boursiers favorables, un indice de volatilité et des taux directeurs historiquement bas, l'industrie de la gestion d'actifs française enregistre une hausse des actifs sous gestion poussée par la croissance des encours en gestion collective », note l'autorité de régulation.

Avec un taux de croissance annuel moyen de 7,7% depuis 2013, le niveau d'encours gérés par les sociétés de gestion de portefeuille françaises a enregistré sur les quatre dernières années une progression totale de 34,6%. Ainsi, « après six années de période de trouble entre 2007 et 2013, marquées par un repli en 2008, suivi d'une période de stagnation du niveau des encours (taux de croissante totale sur six ans de 1,5% et annuel moyen de 0,24%), la phase actuelle de croissance du marché de la gestion d'actifs se rapproche de l'envolée de 2004-2007 avec une croissance totale de 38,6% sur les trois dernières années et une hausse annuelle moyenne de 11,5% », ajoute l'AMF. Cette croissance du volume d'encours gérés se justifie notamment par la hausse des encours de la gestion collective, qui progresse de 8,6% par rapport à 2016. « La proportion des encours de gestion collective ne cesse d'augmenter depuis ces quatre dernières années avec un taux de croissance annuel moyen de 3,7%. A fin 2017, la gestion collective représente ainsi 58,2% des encours totaux sous gestion.

Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) ont vu leurs encours croître de 9,1% depuis l'exercice 2016 pour atteindre 1.138 milliards d'euros en 2017. Quant aux encours des fonds d'investissement alternatifs (FIA), eux aussi connaissent une hausse de 8,1% et s'établissent à 1. 094 milliards d'euros. « Notons que les encours des OPC de droit européen, gérés par les sociétés de gestion françaises, sont passés de 316 milliards d'euros en 2016 à 368 milliards d'euros en 2017, soit une hausse de 16,9% en 2017, souligne l'AMF. Cela témoigne ainsi d'une augmentation de l'utilisation des passeports européens. »
Quant à la gestion sous mandat, elle représente 41,8% des encours totaux sous gestion. Cette proportion connaît une baisse depuis 2013 (-4,2% en moyenne par an). « Pour la première fois, depuis 2011, les encours en gestion sous mandat ont quant à eux légèrement reculé », observe le régulateur.

Par ailleurs, l'AMF note une stabilisation du nombre de sociétés de gestion de portefeuilles agréées en France avec un stock de 630 à fin 2017. « Cette parfaite stabilité du nombre de sociétés de gestion de portefeuille s'explique à la fois par un maintien à un niveau très important du nombre de créations de sociétés (35, comme en 2016) et par un niveau historiquement élevé de retraits d'agréments (35 contre 32 en 2016, seule l'année 2015 ayant connu un nombre de retraits plus important avec 38 unités), confirmant le mouvement de consolidation de l'industrie amorcé en 2016 », explique l'AMF.

Dans le détail, les créations de sociétés de gestion sont, une nouvelle fois, portées par le capital-investissement et l'immobilier qui représentent 66% des projets (23 sur 35) avec cependant un retour marqué des gestions sophistiquées (20%) portant sur des stratégies à fort prisme quantitatif notamment. Restent les gestions traditionnelles (gestion privée ou gestion collective classique) pour le complément (14%). « Les projets entrepreneuriaux demeurent cette année majoritaires (51% contre 60% en 2016), mais dans une moindre mesure compte tenu du nombre croissant de dossiers portés par des groupes, principalement financiers et immobiliers », évoque l'AMF. Enfin, « la tendance sur le 1er semestre 2018 semble confirmer le retour des gestions alternatives portées notamment par les évolutions technologiques et financières (ex : monnaies virtuelles) et par les relocalisations en France d'entités implantées au Royaume-Uni », poursuit le régulateur.

En outre, « confirmant la tendance observée en 2016 », la consolidation du secteur s'est poursuivie et accélérée en 2017. Ainsi, « les retraits consécutifs à des rapprochements industriels ou des réorganisations de groupe représentent une part supérieure à 63% alors que ceux liés à un défaut d'activité ne concernent désormais plus que 7 dossiers (20% en 2017 contre 28% en 2016) », note l'AMF. L'impact législatif issu du changement de statut des sociétés de gestion a été significatif. Il a été à l'origine de 9 des 35 retraits d'agrément (par fusion, arrêt ou encore transformation en Entreprise d'Investissement pour l'une d'entre elles).

Enfin, l'industrie française de la gestion d'actifs reste particulièrement dynamique en termes d'emploi et « continue d'offrir des opportunités professionnelles dans une conjoncture européenne un peu plus favorable malgré de nombreux prétextes aux incertitudes géopolitiques au cours de l'année 2017 », souligne le régulateur. Ainsi, avec un taux de croissance moyen annuel de 3,5% depuis 2013, les effectifs déclarés par les sociétés de gestion de portefeuille se sont établis à 17.214 personnes à fin 2017 contre 16.478 personnes à fin 2016 (+4,5% sur un an). « Cette croissance s'explique par l'augmentation marquée de personnels non gérants financiers (5,3% contre 2,1% pour les gérants financiers) », observe l'AMF. Ainsi, s'ils ne diminuent pas ou peu en nombre, la part des gérants financiers dans les effectifs totaux continue de baisser graduellement depuis 2013 (-6,6% sur les quatre dernières années) pour s'établir à 26% à fin 2017. « En effet, pour répondre aux exigences réglementaires plus nombreuses, on observe ces dernières années un accroissement des moyens humains dédiés aux métiers supports au sein des sociétés de gestion et principalement de ceux alloués à la fonction de contrôle interne et de conformité, notamment au sein des groupes de tailles significatives », précise le régulateur. Ce dernier note, par ailleurs, que la moitié (49,5%) des salariés du secteur et 40,3% des gérants sont concentrés au sein des 30 sociétés de gestion les plus importantes en termes d'effectifs alors que ces dernières représentent seulement 5% du nombre total des sociétés de gestion de portefeuille. « L'industrie de la gestion d'actifs tend ainsi vers une concentration de ses effectifs », précise l'AMF. Toutefois, un grand nombre (71,9%) de sociétés de gestion de portefeuille a un effectif inférieur à 20 personnes. « Ce sont pour la majorité des structures entrepreneuriales dont la plupart externalisent une part importante de leurs fonctions supports et se concentrent principalement sur leur coeur de métier (la gestion financière), ce qui explique une part plus élevée des gérants dans leurs effectifs (36% en moyenne) », indique l'AMF.