Les députés travaillent sur l'effet des taux bas sur les acteurs financiers

Par Thibaud Vadjoux
Une mission d'information va réfléchir aux moyens de protéger les épargnants, la Caisse des dépôts et soulager les assureurs face aux taux bas.

Les députés planchent à partir du mercredi 26 février sur les taux bas, leurs effets sur l’épargne des ménages et sur les acteurs financiers. La commission des Finances de l’Assemblée nationale a mis sur pied une mission d’information qui va d’abord réfléchir aux pistes permettant de protéger les épargnants de la baisse de rémunération des produits réglementés.

Les députés s’inquiètent parallèlement de la baisse des marges des acteurs financiers, notamment celle de la Caisse des dépôts qui centralise une part importante de l’épargne réglementée. « Cette fragilité de la Caisse des dépôts est accentuée par son rapprochement avec La Poste et CNP Assurances qui se caractérisent par une grande liquidité », ajoutent les députés.

Enfin, le financement du logement social, à travers la Caisse des Dépôts et les livrets d’épargne réglementée, les interrogent : « aujourd’hui les acteurs du logement social pourraient se financer moins cher auprès du marché tandis que certaines politiques publiques - qui nécessitent des financements de long terme (notamment transition énergétique, infrastructures…) - ne trouvent pas de financement avantageux ». Pour les députés, l’épargne réglementée pourrait donc servir davantage d’autres objectifs de politiques publiques. Le gouvernement a réfléchi à faire participer les investisseurs institutionnels au financement du logement social. 

Une série d’auditions est prévue à partir du 26 février et devrait faire intervenir les fédérations des banques, des assurances et gérants, Eric Lombard, directeur général de la CDC,  Olivier Mareuse, directeur des gestions d’actifs et fonds d’épargne de la CDC, Christine Lagarde, présidente de la BCE, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, la direction du Trésor et des économistes.

La mission est présidée par Gillez Carrez, et les rapporteurs sont Bénédicte Peyrol et M. Jean-Noël Barrot. Elle rendra ses conclusions en septembre 2020.