Observatoire Nortia

Les CGP s'adaptent à une autre configuration des marchés

En assurance vie, les unités de compte ont fait de la résistance, les CGP ayant recherché des solutions innovantes, protectrices voire défensives.

Un reflet des temps désormais tourmentés. En couvrant la période du deuxième trimestre 2022, entre conflits géopolitiques, inflation galopante et politiques des principales banques centrales cherchant à combattre l’inflation, l’Observatoire du conseil financier indépendant du spécialiste de solutions patrimoniales Nortia, met en évidence un retour à la raison marqué des 1200 conseillers en gestion de patrimoine (CGP) sous observation.
 
A partir de leur collecte (versements initiaux et complémentaires) et sur les mouvements d’arbitrage, la séparation entre fonds euros et unités de compte (UC) en assurance vie est revenue à des niveaux similaires à ceux observés fin 2021. Les conseillers financiers ont orienté leurs clients sur les unités de compte. En chiffres, elles captent 59% de la collecte brute tandis que le traditionnel fonds en euros a perdu son éclat d’actif refuge. Il paie plutôt des rendements désormais bien inférieurs aux niveaux d’inflation.

Boom de l'immobilier

Dans le détail des unités de compte souscrites, les CGP ont recherché des solutions innovantes, protectrices voire défensives. «Les fonds de gestion alternative, les fonds d’infrastructure ainsi que les supports immobiliers tirent également profit du contexte inflationniste actuel», note dans un communiqué Adrien Lhermitte, directeur de l’ingénierie financière de Nortia. L’immobilier enregistre la plus forte progression. Il représente 50% de la collecte brute sur les UC (en hausse de 24 points par rapport au 1er trimestre 2022). A noter que la gestion dédiée opère un retour remarquée via les véhicules luxembourgeois de type FID, FIC et FAS - avec 18% des versements en UC.

Chute de la collecte en actions

Logiquement, les fonds actions voient leur proportion de la collecte sur les UC en baisse. Elle se fixe à 9%. Les fonds thématiques représentent 23% des versements sur ces fonds, en profitant de la dimension environnementale et responsable, qui se distinguent avec le sujet de la transition énergétique notamment.
Pénalisés par la situation économique, les fonds obligataires ne représentent pour leur part que 2,6% de la collecte. Les fonds indexés à l’inflation et les fonds obligataires court terme pour s'exposer à une baisse des taux courts en cas de ralentissement économique sont les seuls à tirer leur épingle du jeu. Enfin, les produits structurés, eux, restent constants, représentant 8,9% au premier comme au deuxième trimestre 2022.

Dynamique sur les structurés

Sur les comptes-titres, la dynamique de collecte se poursuit encore pour les produits structurés. Bien qu’en léger retrait en comparaison du premier trimestre, les volumes constatés restent importants, relève Nortia qui ajoute que côté OPCVM, la tendance sur les fonds actions, obligataires ou flexibles/diversifiés a plutôt été à la vente. «Cette stratégie a permis d’éviter aux clients de subir les baisses du trimestre», indique l’étude. Cette tendance se retrouve sur les titres vifs, qui ont également été sortis des allocations ce trimestre. A l’inverse, le private equity (ou capital investissement) est monté en puissance au cours de ce deuxième trimestre, avec des produits divers qui permettent de prendre part aux différentes phases de développement des entreprises (capital innovation, capital développement, capital retournement ou capital transmission).