Les banques européennes se libèrent sur les rachats d’actions

Olivier Pinaud
Le plan de 900 millions d'euros annoncé vendredi par BNP Paribas illustre les marges de manoeuvre retrouvées du secteur.

Après les dividendes, les rachats d’actions font leur retour dans le secteur bancaire européen. Les restrictions de la Banque centrale européenne levées depuis le 1er octobre, les banques ont retrouvé la liberté de rémunérer leurs actionnaires, dans le cadre toutefois des exigences de fonds propres imposées par le superviseur.

Vendredi, BNP Paribas a annoncé le lancement d’un programme de 900 millions d’euros, somme qu’elle prévoit de dépenser entre le 1er novembre 2021 et, au plus tard, le 8 février 2022. Aux cours actuels, cela représente un peu plus de 1,2% de la capitalisation boursière de la première banque française. Vendredi toujours, BBVA a confirmé qu’elle avait obtenu l'autorisation réglementaire de racheter 3,5 milliards d’euros de ses propres actions.

Plus tôt dans le mois, HSBC avait annoncé un plan de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros), trois fois plus important que les 500 millions de livres (591 millions d’euros) promis cet été par Barclays. Nordea prévoit de retourner 2 milliards d’euros à ses actionnaires via des rachats d’actions qu’elle pense avoir achevés dès avril 2022. Santander est parti de son côté sur un montant de 841 millions d’euros. Cet été, la Société Générale avait annoncé être prête à engager 470 millions d’euros dans des rachats d’actions dès le quatrième trimestre 2021. La banque française présente ses résultats trimestriels ce jeudi.

A l’inverse de leurs homologues américaines, les banques européennes avaient tendance avant le Covid à privilégier le dividende aux rachats d’actions pour rémunérer leurs actionnaires. Compte tenu des importantes réserves de capital accumulées pendant la pandémie du fait de l’interdiction imposée par la BCE, les rachats d’actions sont un bon moyen d’en retourner rapidement une partie aux actionnaires.

Pour BNP Paribas, ce plan reflète « le potentiel de croissance confirmé et la solidité du bilan et des performances ». La banque et ses consoeurs européennes profitent des effets de la reprise économique, qui permet de rappeler une partie des provisions passées pendant la crise du Covid, et s’attendent à un environnement de taux plus rémunérateur dans les prochains mois.

Les assureurs ne sont pas en reste. Scor prévoit par exemple un plan de rachats d'actions de 200 millions d’euros, soit 4,3% de son capital. Il sera finalisé au plus tard en mars 2022.