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Les assureurs confiants pour 2017

Goldman Sachs AM (GSAM) vient de publier la sixième édition de son Insurance Survey, une enquête mondiale portant sur les anticipations des compagnies d’assurances.

S’il est toujours intéressant de voir comment les compagnies d’assurances envisagent l’avenir sur les marchés financiers, les résultats de l’enquête annuelle Insurance Survey 2017 publiée par Goldman Sachs AM méritent tout particulièrement que l’on s’y attarde. Et pour cause, « c’est l’année où nous avons observé le plus de variations par rapport à l’année précédente », constate d’emblée Etienne Comon, responsable de l’assurance pour la zone EMEA chez Goldman Sachs AM.

Eléments de consensus.

Concernant les évolutions des taux d’intérêt, les assureurs interrogés par GSAM - 317 au total, dont 80 en Europe, 179 en Amérique et 58 en Asie, le tout pesant 10.000 milliards de dollars d’actifs, soit la moitié des actifs du marché mondial de l’assurance -laissent peu de place au doute. Ils sont en effet 80 % à estimer que les taux à 10 ans américains vont progresser cette année. « Que ce soit pour les assureurs vie ou pour les assureurs dommages, une remontée progressive des taux constitue une bonne chose. Or, c’est bien le scénario qu’ils privilégient majoritairement pour les prochains mois. Cela rejoint nos anticipation car nous attendons aussi une remontée des taux américains sans mouvement brutal », explique Etienne Comon.

De la même manière, de nombreux assureurs estiment que le cycle du crédit s’est allongé. Ils sont donc 55 % à considérer que les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui en milieu de cycle concernant le crédit alors que l’année dernière, ils étaient 75 % à estimer que le pays était à la fin de ce même cycle. « Nous constatons cette année un regain d’optimisme sur le crédit. Nous estimons, pour notre part, que nous avons gagné 12 à 18 mois sur le cycle, ce qui donne davantage de marge de manœuvre aux investisseurs sur cette classe d’actifs », estime Etienne Comon.

Une année politique.

Autre différence par rapport à l’année dernière, les risques politiques - notamment en Europe -, qui n’étaient que très peu pris en compte l’année dernière, ont fait leur apparition dans les préoccupations de premier plan des assureurs. Ces derniers sont plus de 26 % à considérer que les incertitudes politiques constituent le principal risque macroéconomique de leur portefeuille d’investissement et ils sont 56 % à classer ce risque parmi les trois principaux pour 2017 (voir le graphique). Pour mémoire, en 2016, les assureurs interrogés n’étaient que 3 % à classer le risque politique en première place de leurs craintes pour l’année en cours. « Les facteurs politiques sont identifiés comme un risque significatif par les compagnies d’assurances. Les assureurs européens sont d’ailleurs plus nombreux que la moyenne (35 %) à mettre les incertitudes politiques en tête de leurs préoccupations », explique Etienne Comon.

Risques mesurés.

Concrètement, en termes d’allocation d’actifs, les assureurs sont seulement 26 % à vouloir augmenter le niveau de risque de leurs portefeuilles dans les douze prochains mois (ils étaient 25 % à vouloir le faire en 2016), mais ils confirment néanmoins leur désir de diversification. Ainsi, pour 27 % d’entre eux, c’est d’abord sur le capital-investissement qu’ils attendent les rendements les plus élevés cette année, devant les actions américaines (pour 20 % des répondants) et les actions émergentes (pour 13 %). « Les assureurs ne veulent pas prendre de risques de crédit démesurés ou des risques de taux trop élevés (la duration moyenne de leurs portefeuilles reste stable), mais ils cherchent progressivement - et de manière assez prononcée - à capter certaines primes d’illiquidité, par exemple dans le crédit illiquide ou le capital-investissement », explique Yacine Boumahrat, responsable de la distribution pour la France et le Benelux de Goldman Sachs AM. 

L'étude complète (en anglais) est disponible sur demande ici