amLeague

L’enjeu de l’empreinte carbone

Les indices amLeague affichent des performances supérieures à celle des références de marché
L’offre « bas carbone » de la plateforme peut surfer sur la vague ISR et séduire de nouvelles sociétés de gestion

Il y a quelques jours, le groupe Ircem, qui gère entre autres la retraite et la prévoyance complémentaire dédiée aux emplois de la famille et aux services à la personne, a bouclé quatre appels d’offres. L’un d’entre eux, d’une valeur de 125 millions d’euros, se présente comme un fonds dédié géré par la société de gestion La Française pour répliquer un des indices de la plateforme amLeague : l’indice Euro 50 amLeague. L’originalité de ce dernier – comme de la gamme d’indicateurs proposée par la plateforme – est d’être constituée de titres vifs reflétant les convictions de trois gérants retenus pour leurs performances et selon une pondération donnée. Pour maintenir la performance de ses indices, chaque trimestre, amLeague procède à leur rebalancement, ce qui peut générer des changements dans la composition des gestionnaires. Pour quels résultats ? Dans le cas de l’appel d’offres de l’Ircem, le comportement de la référence peut être qualifié de satisfaisant dans le temps puisqu’elle a d’ores et déjà généré une surperformance de 200 points de base sur les deux dernières années. Et depuis sa création en mars 2011, l’indice en question affiche une progression de + 136 % contre + 64 % pour l’indice phare de la zone euro.

 

Des investisseurs institutionnels en avance. L’opération séduction d’amLeague se poursuit puisque UBP Asset Management a lancé pour sa clientèle privée au mois de septembre, un fonds long/short baptisé UBAM Europe Market Neutral dont une partie du portefeuille répliquera aussi l’indice Euro 50 amLeague. Cela étant, l’intérêt de la plateforme réside aussi dans sa capacité à proposer outre des indices investis sur des marchés d’actions classiques un indice de type « low carbone ». Concocté il y a six ans sous la férule de l’Erafp, un des investisseurs institutionnels français les plus avancés en la matière, et ayant soutenu l’initiative amLeague dès son origine en 2010, cet indicateur affiche un potentiel important. « Si la poussée de l’investissement socialement responsable auprès des particuliers ne se discute plus, il faut noter que les investisseurs institutionnels ont encore un (long) temps d’avance sur le sujet », explique Antoine Briant, CEO d’amLeague. « Ces derniers peuvent donc s’enorgueillir d’être à l’origine d’avancées nettes qui pourront « ruisseler » vers le retail » précise-t-il encore.

 

Gestion en titres vifs beaucoup plus souple. Pour l’instant, la société de gestion Sanso IS qui gère 900 millions d’euros, a franchi le pas en passant il y a deux ans par la plateforme pour élaborer un fonds dédié « bas carbone ». « Nous souhaitions dépasser les préjugés sur les fonds de fonds en matière de niveau de frais et d’opacité et offrir un fonds de multigestion en titres vifs », explique David Kalfon, le président de la société de gestion. « Par ailleurs, nous voulions éviter la lourdeur des appels d’offres, et la complexité liée aux changements de gérants au cours de la vie du mandat ». C’est donc dans ce cadre que pour profiter d’une gestion en titres vifs beaucoup plus souple, Sanso IS s’est tourné vers amLeague. « C’est une manière souple d’accéder à un large panel de gérants », ajoute David Kalfon qui relève qu’une partie des frais de gestion du fonds est affectée aux gestionnaires tandis que le client institutionnel y trouve son compte via la présence de titres vifs et la possibilité de transpariser les actifs. « Dans le cas du fonds « bas carbone », le thème est en parfaite cohérence avec notre philosophie d’investissement », détaille le gestionnaire. Ce dernier précise que l’un des institutionnels à l’origine du mandat avait imposé une allocation sectorielle proche de l’indice de référence, le MSCI Monde. Dont acte. Le fonds est effectivement très corrélé à l’indice phare, avec un niveau de volatilité similaire. Quant à ses performances, elles ne marquent pas une différence aussi nette que celle de l’indice Euro 50 avec le DJ Euro Stoxx 50 mais peuvent néanmoins séduire. L’indice progresse depuis sa création en juin 2017 de 25 % et de 24.2 % sur les 12 derniers mois contre 25,3 % et 21 % respectivement pour le MSCI Monde.

 

Empreinte carbone trois fois plus faible. Contrairement à l’indice Euro 50, la sélection de gérants est réalisée de manière discrétionnaire ce qui conduit à un taux de rotation relativement faible. « Lorsqu’un ‘asset manager’ est sélectionné nous restons investis un an en moyenne et l’un d’entre eux est présent dans le portefeuille depuis le lancement du fonds, insiste David Kalfon. Nous avons cependant été conduits à revoir les pondérations des différents gestionnaires qui composent l’indice pour tenir compte de leur biais de style ou géographique. En revanche, notre fonds a réalisé ses performances avec une empreinte carbone trois fois plus faible que celle de l’indice référence ».