Finance participative

Le site Unilend permet aux particuliers de prêter aux PME

La plate-forme de financement participatif compte générer 1 milliard de prêt d’ici à cinq ans et cherche à lever un million d’euros supplémentaire avant fin 2013 - Elle compte sur les CGP pour se développer auprès des particuliers, ceux-ci pouvant investir des sommes modestes mais non garanties.

Prêter de l’argent directement aux PME françaises et recevoir des intérêts en retour : c’est ce que propose Unilend, une nouvelle plate-forme de financement participatif qui met en relation emprunteurs et prêteurs. Alors que de nombreux sites de « crowdfunding »(financement par la foule) permettent aujourd’hui d’investir directement au capital des sociétés, Unilend propose de financer uniquement les emprunts des entreprises en quête d’argent frais, une première en France.

Le site a été lancé le 12 novembre par Nicolas Lesur, ancien directeur du marketing de la Financière de l’Echiquier, et François Prioux, auparavant banquier d’affaires chez UBS puis chez DC Advisory. Inspiré du site de financement britannique Funding Circle, Unilend compte générer 150 millions d’euros de prêts d’ici à trois ans, et un milliard à l'horizon de cinq ans. 

Fonctionnement simple.

« Face à la restriction du crédit aux PME et à la faiblesse des rendements des produits d’épargne, nous proposons une nouvelle forme de financement avec un fonctionnement simple. C’est le seul produit financier pour lequel vous définissez votre rentabilité et déterminez à qui vous prêtez »,explique Nicolas Lesur. Unilend permet en effet aux prêteurs de fixer leur propre taux d’intérêt via un système d’enchères. Seuls les taux les plus favorables sont retenus par l’entreprise.

Les sociétés peuvent emprunter de 25.000 à 250.000 euros. De leur côté, les prêteurs doivent déposer au minimum 100 euros pour ouvrir un compte Unilend et proposer des offres de prêts à partir de 20 euros. Tout au long de la durée du prêt, les prêteurs perçoivent un rendement mensuel comprenant les intérêts dus et une fraction du capital. Pour l’instant, le site s’adresse uniquement en direct aux particuliers, mais Unilend envisage déjà de passer par les réseaux de conseillers de gestion en patrimoine. « La clientèle des CGP nous intéresse tout particulièrement. Nous sommes en train de réfléchir à la manière dont nous pourrions diffuser notre offre dans leur portefeuille »,souligne Nicolas Lesur. 

Financement.

La plate-forme se rémunère auprès des entreprises emprunteuses à hauteur de 3 % du montant des fonds levés. A cela s’ajoute une commission équivalant à 1 % supplémentaire par an sur le capital restant dû à la charge de l’emprunteur.

L’argent ne transite pas sur les serveurs, ni sur les comptes bancaires d’Unilend, il est géré par la Société financière du porte-monnaie électronique interbancaire (SFPMEI), l’opérateur de services de paiements chargé d’émettre la monnaie électronique pour le système Moneo. Unilend a aussi noué un partenariat avec Altarès, spécialiste de l’information sur les entreprises qui lui permet de faire le tri entre les dossiers de financement soumis par les entreprises.

Unilend a reçu l’agrément de l’ACP et de l’AMF pour opérer sous le statut d’agent prestataire de services de paiement (agent PSP). « Nous n’avons pas eu besoin de demander le statut d’établissement de crédit. Les régulateurs ont validé notre dispositif qui prévoit que lesentreprises emprunteuses émettent des bons de caisse »,précise Nicolas Lesur. Ces produits de placement, matérialisés par un bon, représentent un emprunt pour une durée maximale de cinq ans. 

Absence de garantie.

L’investissement n’est toutefois pas sans risque. « Le capital que vous prêtez n’est pas garanti. Même si les entreprises présentes sur Unilend figurent parmi les plus solides, il existe un risque d’impayé. Il est donc vivement conseillé de répartir vos prêts sur de nombreuses entreprises », prévient Unilend sur son site internet.

Nicolas Lesur et François Prioux détiennent chacun 45 % du capital d’Unilend. Les 5 % restants se répartissent entre Martin Comar, en charge du marketing digital, et Louis Prunel, responsable des systèmes d’information. Pour financer le développement du site et de nouveaux recrutements, Unilend cherche à lever 1 million d’euros supplémentaires d’ici à la fin 2013. « Pour ce tour de table, nous sommes surtout en contact avec des investisseurs particuliers et des personnes issues des métiers de la finance »,explique Nicolas Lesur.

Encore embryonnaire en France, la finance participative pourrait connaître un nouvel essor sous l’impulsion du gouvernement. Les professionnels du « crowdfunding »considèrent que le projet de réglementation dévoilé en septembre par Bercy constitue une véritable avancée. Ils ont néanmoins émis plusieurs revendications dans le cadre de la consultation publique qui a pris fin le 15 novembre, notamment sur les montants maximum d’investissement et de prêt.