Actions européennes

Le recul des marchés ne refroidit pas les allocataires

Les actions européennes restent surpondérées chez de nombreux allocataires
La récente baisse des indices européens est souvent considérée comme passagère

Les bonnes nouvelles s’enchaînent. Alors que les prévisions de croissance européenne ont été revues à la hausse tout au long de l’année, les derniers chiffres macroéconomiques ont confirmé qu’au troisième trimestre, avec une croissance de 2,5 %, l’activité de la zone euro progressait plus rapidement que celle des Etats-Unis, qui a affiché dans le même temps un taux de croissance de 2,3 %. Dans le même temps, les entreprises ont confirmé les attentes des analystes, ces derniers anticipant toujours une progression des bénéfices aux environs de 12 % en 2017, conformément à ce qui était attendu au début de l’année par le consensus.

Pourtant, malgré ces chiffres encourageants pour le Vieux Continent, les marchés d’actions ont connu une période de consolidation au mois de novembre, l’Euro Stoxx 50 perdant 4,1 % du premier au 15 novembre, et ramenant la performance de cet indice depuis le début de l’année près des 10 %, soit bien en dessous de la performance (en dollars) des bourses américaines, qui progressent pour leur part de près de 18 %.

Confiance. Cette consolidation fait dire à certains allocataires que la valorisation élevée des actions incite à davantage de prudence que ces derniers mois et ne milite pas pour que les cours progressent bien au-delà de ce qui a déjà été observé depuis le début de l’année.

Mais la majorité d’entre eux estime que cette classe d’actifs reste celle à privilégier aujourd’hui. Chez Invesco, par exemple, Bernard Aybran, directeur de la multigestion, continue de surpondérer les actions européennes et considère que « d’un point de vue sectoriel, les banques et les sociétés sensibles aux matières premières restent privilégiées, compte tenu d’un cycle économique mondial qui continue de se renforcer. La technologie et le secteur de la santé sont un bon complément permettant une diversification vers des secteurs en croissance séculaire ». De son côté, Christophe Donay, responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management, se veut rassurant, soulignant que « les marchés n’avaient pas connu de correction de plus de 3 % depuis plus d’un an, ce qui est historique. L’Europe a enregistré une progression de 10 % en deux mois. Cette respiration est donc normale et n’est pas inquiétante ».

 

Aucune fragilité décelée. Cet optimisme est justifié par le fait que les fondamentaux de la zone euro restent solides. La croissance est toujours attendue forte l’année prochaine, et par certains toujours un peu au-dessus de celle des Etats-Unis. Du côté des bénéfices, le consensus anticipe, pour l’année prochaine en zone euro, 8 % de croissance par rapport à 2017. « Cet objectif apparaît atteignable, estime Christophe Donay. Les marchés européens pourraient donc progresser, en 2018, à concurrence de la hausse de ces profits ». Et à la question de savoir si la hausse de l’euro ne pourrait pas grever ces anticipations, le professionnel répond que « ces prévisions ne sont pas remises en cause par l’évolution de la monnaie car la dynamique de croissance fait plus que compenser, aujourd’hui, les inconvénients d’un euro fort ». Enfin, autre raison qui conforte les gérants positifs sur les actions européennes dans leurs allocations, la Banque centrale européenne devrait rester bienveillante à l’égard des marchés, d’autant que, pour l’heure, l’inflation reste en dessous de sa cible, à 2 %.

Risques. Evidemment, tous ces facteurs n’excluent pas certains risques. Politique d’abord : les élections italiennes, notamment, au mois de mai prochain, pourraient créer des tensions. Ensuite, le risque géopolitique demeure important, même si les différents observés entre le Japon et la Chine ou encore la Corée du Nord et les Etats-Unis n’ont pas eu de répercussions réelles. Enfin, les marchés ne sont pas à l’abri d’une erreur de politique économique d’une des Banques centrales majeures, et plus particulièrement de la Fed, qui doit gérer la remontée de ses taux d’intérêts. Il n’empêche, aujourd’hui, pour beaucoup, les opportunités l’emportent encore sur les risques.

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