Le poids des familles augmente dans l’actionnariat du CAC 40

Johann Corric
Les familles du luxe pèsent lourd dans l’indice phare de la Bourse parisienne, contrairement à l’Etat qui a vu sa participation chuter en quelques années. Les fonds américains dominent le classement des gérants.
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Le CAC 40, une affaire de famille ? Les résultats de la dernière étude d’Euronext sur la composition de l’actionnariat de l’indice phare parisien autorise en tout cas de se poser la question. A fin 2020, les grandes familles détenaient au moins 19,3% du capital du CAC 40 contre 16,6% en 2019 et… 9,7% en 2012. Entre temps, Hermès a fait son entrée dans l’indice (en 2018) et les valorisations des acteurs du luxe se sont envolées. La famille Arnault (LVMH) est ainsi, de loin, le premier actionnaire du CAC 40 avec un poids de 6,9%. Elle est suivie par les familles Hermès (3,5%) et Bettencourt Meyers chez L’Oréal (3,2%). Nouvelle arrivée, la famille Del Vecchio, détient 1% du CAC 40 depuis la fusion entre Essilor et Luxottica.
2,4% vs 2,2%

Si quelques familles détiennent une part croissante du principal indice boursier français, les sociétés de gestion (Asset Management) restent la catégorie d’investisseurs la plus représentée au sein du CAC 40. Les plus de 10.000 gérants identifiés par Euronext détenaient au moins 22,9% de l’indice, dont 6,4% pour les fonds dits passifs. Les trackers ont d’ailleurs vu leur poids fortement progresser entre 2012 et 2018, passant d’au moins 3,5% du CAC 40 à plus de 6,6%, avant de se stabiliser. BlackRock pèse à lui seul 2,4% de l’indice, soit plus que l’Etat français et ses 2,2% selon les calculs d’Euronext. En huit ans, sa présence a en effet a été divisée par près de trois. «La baisse s’explique principalement par la sortie d’EDF du CAC 40 en 2015 et par des allégements au capital d’Engie, de Renault et de Safran. Un effet performance lié à la hausse des valeurs du luxe explique le recul plus récent», explique Nicolas Rivard, responsable des services de données avancées d’Euronext et auteur de l’étude. Outre BlackRock, l’Etat est désormais talonné par Vanguard qui pointe à 2,1%. Le fonds souverain norvégien et les américains Capital Group et Fidelity sont un cran en dessous, avec 1,3%, 1,2% et près de 1% respectivement. Amundi, premier gestionnaire européen, se place juste derrière, à environ 0,9%. «La fusion avec Lyxor devrait en outre permettre à Amundi de grappiller quelques places», indique Nicolas Rivard.

Les sociétés de gestion sous-évaluées

L’ensemble des chiffres de l’étude sont toutefois à prendre avec précautions. Ils reposent en effet sur 61% du capital du CAC 40. «Nous accédons à ce qui est rendu public par les entreprises cotées via leur rapport annuel, par les sociétés de gestion ou par l’Autorité des marchés financiers en cas de franchissement de seuils réglementaires», précise Nicolas Rivard. Les pourcentages communiqués correspondent ainsi à des planchers, plus ou moins proches de la réalité selon les catégories d’investisseurs. «Le poids des sociétés de gestion, qui ne communiquent pas forcément toutes ni la totalité de leurs participations, est sans doute sensiblement sous-estimé. De la même manière, les actionnaires individuels représentent probablement entre 5% et 7% du CAC 40, contre 5% dans notre étude. À l'inverse, les parts des grandes familles et de l'Etat français sont a priori très proches de la réalité.» Pas de quoi remettre en cause le quinté gagnant du CAC 40 constitué des trois familles actionnaires de LVMH, Hermès et L’Oréal suivies de BlackRock et de l’Etat français.