Le gouvernement maintient le taux du Livret A à 1%

L'Agefi, édition de 7h, 16 janvier 2015
Bercy déroge à l'application mécanique de la formule de calcul et ne suit pas l'avis de la Banque de France.

Le ministère des Finances est resté sourd aux recommandations de la Banque de France. Il a annoncé hier soir le maintien du taux du Livret A à 1,0%, alors que le gouverneur Christian Noyer proposait de l'abaisser à 0,75%. «Le gouvernement a décidé de maintenir le taux du Livret A inchangé à 1%», déclare le ministre des Finances, Michel Sapin, dans un communiqué. «Il sera ainsi dérogé à l'application mécanique de la formule de calcul du taux du Livret A, qui aurait, en l'absence de correctif, conduit à un taux du Livret A de seulement 0,25%», ajoute-t-il.

Dans la matinée, Christian Noyer, avait proposé d'abaisser d'un quart de point, à 0,75%, le taux du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) à compter du 1er février pour tenir compte de la faiblesse de l'inflation, tombée à son plus bas niveau depuis l'automne 2009. «Avec 0,75%, j'incorpore un coup de pouce très important, il aurait dû baisser à 0,25%, j'aurais pu proposer 0,50%», avait-il expliqué sur Europe 1, expliquant avoir voulu tenir compte de «la psychologie des épargnants». «Rester à 1% serait totalement irresponsable», avait-il ajouté. 
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement ne suit pas les propositions émises par la Banque de France. Le prédécesseur de Michel Sapin à Bercy, Pierre Moscovici, n'avait lui aussi pas toujours suivi ces propositions de baisse de la rémunération du produit d'épargne le plus populaire en France. Le Livret A a perdu 5,84 milliards d'euros entre le début de l'année dernière et le mois de novembre, selon la CDC.
La formule indicative utilisée pour le calcul de la rémunération du Livret A, qui prend en compte les taux du marché monétaire et l'indice des prix hors tabac (+0,1% sur les douze mois à fin décembre), conduit théoriquement à abaisser son taux de 0,75 point, à 0,25%. Le taux de rémunération a été baissé d'un quart de point au 1er août dernier, à 1,0%, son plus bas niveau historique. 
Michel Sapin a par ailleurs annoncé que, pour les plans d'épargne logement (PEL) ouverts à compter du 1er février, le taux de rémunération serait de 2% et le taux d'intérêt maximal facturé par les banques aux épargnants choisissant d'emprunter serait abaissé de 4,20% à 3,20%.