Le gendarme américain pointe les risques liés aux Spac

Pauline Armandet
Des risques peuvent découler des commissions, des conflits d'intérêts et de la rémunération des sponsors liés à ce type d’opération, alerte la SEC.
Bloomberg

Alors que de nombreuses sociétés dont des fintechs comme eToro ou encore SoFi ont recours à des Special Purpose Acquisition Companies (Spac), une coquille vide créée pour mener des acquisitions, le gendarme américain multiplie les mises en garde.

Des risques peuvent découler des «commissions, des conflits d'intérêts et de la rémunération des sponsors» liés à ce type d’opération, souligne John Coates, chef de la division de la Securities and Exchange Commission (SEC) supervisant la finance d’entreprise.

Les Spac ont gagné en popularité de par leur facilité pour rentrer en Bourse, par rapport à des IPO classiques. Depuis janvier, le site spécialisé SPACInsider a recensé plus de 300 mises en Bourse à Wall Street via des Spac, pour 98,4 milliards de dollars levés. C’est déjà plus que les 234 sociétés introduites via des Spac uniquement en 2020…et les 59 opérations en 2019.

Nécessaire transparence

John Coates souligne pourtant la complexité du fonctionnement de ce véhicule financier. Si un Spac «ne parvient pas à trouver et à acquérir une cible dans un délai de deux ans, la promotion est perdue et le Spac est liquidé», souligne-t-il, indiquant qu’environ 10% des Spac ont été liquidés entre 2009 et aujourd'hui.

Celui qui se dit «ni pro ni anti-Spac» en appelle également au besoin de transparence autour de cet instrument financier. L’autorité continuera «d'être vigilante au sujet des Spac et de la transparence de leurs objectifs afin que le public puisse prendre des décisions d'investissement et de vote éclairées au sujet de ces transactions».

Ce n’est pas la première fois que le gendarme américain s’inquiète de la «vague» provoquée par les Spac que le Congrès n’a pas «pu prédire». Le mois dernier, le gendarme a lancé une enquête sur la manière dont les grandes banques gèrent les risques liés à cet instrument financier. Elle a également recommandé aux investisseurs «de ne pas prendre de décisions d'investissement liées aux Spac en se basant uniquement sur la participation de célébrités». Des investisseurs connus et réputés comme TPG, The Gores Group ou Bill Ackman ont réussi à monter des Spac sans difficulté.