Le FMI craint une deuxième vague de correction en Bourse

Xavier Diaz
L’optimisme des marchés contraste avec les perspectives économiques. Cette déconnexion fragilise le rallye des actions et du crédit

Au lendemain d’une nette révision de ses prévisions économiques mondiales, le Fonds monétaire international (FMI) a averti sur le risque d’une deuxième vague de correction sur les marchés financiers. Cette mise en garde résonne d’autant plus que les investisseurs commencent à craindre une résurgence de la pandémie, comme actuellement aux Etats-Unis. Les actifs risqués, actions et crédit, pourraient donc de nouveau chuter, selon le FMI qui a présenté hier la mise à jour de son rapport de stabilité financière publié en avril. Depuis lors, les marchés ont nettement rebondi regagnant une grande partie des pertes de février-mars.

Les actions ont repris en moyenne 85% par rapport à leurs niveaux de janvier et le crédit 70%. Une reprise soutenue par la réponse rapide des autorités monétaires (6.000 milliards de dollars d’injections de liquidités, deux fois plus que lors de la grande crise financière de 2008) et des Etats (11.000 milliards de soutien public). Cela a permis un assouplissement des conditions financières salué par Tobias Adrian, directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI, tout en soulignant que le rebond était déconnecté des fondamentaux économiques. «Il apparaît un décalage entre l'optimisme des marchés financiers et l'évolution de l'économie mondiale», souligne le FMI. Ce dernier attend désormais une contraction du PIB mondial de 4,9% (contre -3% au printemps) alors que les investisseurs parient sur une reprise en V.

Cette déconnexion pose la question de la soutenabilité du rallye, d’autant que les valorisations sont tendues. L’écart entre le prix des actifs et l’économie est à un plus haut historique. Les investisseurs pariant sur une poursuite et une amplification du soutien prodigué par les banques centrales. «Des rallyes après des marchés baissiers ont eu lieu auparavant, pendant les périodes de fortes pressions économiques, mais ont souvent abouti à une nouvelle correction», affirme le FMI. Tobias Adrian ne décèle toutefois pas de signes de bulle.

Une telle correction pourrait être provoquée par une récession plus profonde et plus longue que prévu, une deuxième vague de contagion, de nouveaux confinements ou une résurgence des tensions commerciales mais aussi par le développement de troubles sociaux dans le monde. «L’impact négatif sur les ménages à bas revenus est particulièrement sévère, et pourrait compromettre les progrès considérables qui ont été accomplis en matière de réduction de l’extrême pauvreté dans le monde depuis les années 90», souligne le FMI.