Le FMI anticipe la pire récession depuis les années 1930

Xavier Diaz
L'institution prévoit une contraction de 3% de l’économie mondiale en 2020 avant un rebond encore incertain. La France anticipe une chute de 8% de son PIB.
Gita Gopinath, chef économiste du FMI, lors de la présentation des Perspectives de l'économie mondiale le 14 avril 2020 (Photo Cliff Owen/IMF/CC BY-NC-ND 2.0)

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis des chiffres sur son diagnostic d’une économie mondiale durement affectée par la pandémie de coronavirus. Il a révisé en forte baisse ses prévisions pour tenir compte de l’effet sur l'activité du «Grand Confinement», comme il le nomme, et de façon radicale : le Fonds prévoit désormais une contraction de 3% du produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2020, au lieu d’une croissance de 3,3% annoncée en janvier.

Ce sera la pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930. Elle devrait être suivie d’un rebond de 5,8% l’an prochain, selon le FMI. Mais Gita Gopinath, chef économiste du Fonds, reconnaît que cette reprise n’est que partielle, tout en reconnaissant «une extrême incertitude». Les nouvelles prévisions reposent sur un pic de la pandémie au deuxième trimestre dans la plupart des pays et d’une reprise progressive de l'activité économique au second semestre. Une prolongation de la pandémie au troisième trimestre pourrait se traduire par une contraction de trois points supplémentaires de l'économie mondiale en 2020 et par une reprise plus faible en 2021. Pis, une nouvelle vague d'infections en 2021 se solderait par cinq à huit points de PIB en moins et une deuxième année consécutive de récession mondiale.

La contraction va toucher plus durement les pays avancés, notamment la zone euro avec une contraction de 7,5%, dont 7,2% pour la France. La prévision du FMI pour la France est en ligne avec celle revue en baisse par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, après la prolongation d’un mois du confinement dans l’Hexagone) qui prévoit désormais une contraction de 8% cette année (-6% précédemment). Le projet de loi de finances rectificative (PLFR), qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, intégrera par ailleurs un déficit de 9% (au lieu des 7,6% initialement prévu).

La semaine passée la Banque de France et l’Insee ont estimé à 3 points de PIB le coût d’un mois de confinement. La prévision gouvernementale paraît optimiste. Le ministre de l’Economie a d’ailleurs invité à «prendre toutes ces estimations avec prudence». Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, a indiqué que la dette grimperait à 115% du PIB cette année. «Cela signifierait un doublement de la dette publique en part de PIB depuis 2008. En cas de perte définitive de production ou d’absence de reprise économique en ‘V’, un point d’attention clé des marchés pourrait être la charge fiscale nécessaire au maintien de la dette publique sur une trajectoire soutenable», prévient Olivier Vigna, chef économiste France chez HSBC.