World Wealth Report

Le Covid rebat les cartes de la richesse dans le monde

La richesse et le nombre de particuliers fortunés ont augmenté de près de 9% dans le monde en 2019, mais leur croissance est désormais plus forte en Amérique du Nord et en Europe qu’en Asie-Pacifique, frappée en premier par le Covid.
Crédit photo : Pixabay

Le cabinet de conseil Capgemini a dévoilé ce jeudi 9 juillet l’édition 2020 de son World Wealth Report (1). Premier enseignement de l’étude : le nombre de particuliers fortunés (2) a augmenté de près de 9% malgré le ralentissement de l’économie mondiale, les guerres commerciales internationales et les tensions géopolitiques.

Par ailleurs, pour la première fois depuis 2012, la croissance de la richesse et du nombre de particuliers fortunés est plus forte en Amérique du Nord (11 %) et en Europe (9 %) qu’en Asie-Pacifique (8 %). L’étude ayant été réalisée en janvier et février 2020, quand l’Asie était déjà frappée de plein fouet par le Covid, contrairement à beaucoup des 71 pays étudiés, ce revirement semble donc assez logique compte tenu de l’arrivée plus tardive de l’épidémie en Amérique du Nord et en Europe.

Tous les continents étant à présent touchés, la donne a cependant changé. « Les économies mondiales se préparent désormais à faire face à un ralentissement de l’ordre de 4,9% en 2020 d’après le Fonds monétaire international », prévient Capgemini dans son rapport. « En conséquence, la richesse mondiale devrait diminuer de 6% à 8% jusqu’à fin avril 2020 (par rapport à décembre 2019) ». Pis, selon le cabinet qui se base sur la World Federation of Exchanges, la pandémie COVID-19 aurait « fait disparaître plus de 18 000 milliards de dollars sur les marchés mondiaux au cours des mois de février et mars 2020 ».

L’incertitude de la situation, totalement inédite, devrait forcer les sociétés de gestion de patrimoine à revoir une partie de leur organisation.  « Cette imprévisibilité pourrait être synonyme d’opportunités pour les gestionnaires, en devenant plutôt une occasion de réévaluer et de réinventer leurs modèles économiques et opérationnels afin de gagner en agilité et en résilience, indique Anirban Bose, directeur général des services financiers de Capgemini et membre du comité de direction générale du groupe. « Des augmentations de revenus sont rendues possibles avec l’aide de l’analytique et de l’automatisation, ainsi que des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle, car elles offrent des expériences client améliorées, tout en réduisant les coûts grâce à la rationalisation des processus. »

Une évolution des priorités

Le contexte pousse aussi les particuliers fortunés à revoir leurs priorités d’investissement. Et sans grande surprise, c’est l’investissement socialement responsable (ISR) qui trouve le plus grâce à leurs yeux.  « Les particuliers fortunés prévoient d’affecter 41% de leur portefeuille aux produits de l’ISR d’ici fin 2020 et 46% d’ici fin 2021. Les sociétés de gestion de patrimoine ont pris note de la tendance et sont prêtes à répondre à la demande puisque 80% d’entre elles proposent des produits de ce type », peut-on lire dans l’étude.

L’impact n’est pas le seul intérêt que trouvent les investisseurs dans l’ISR. L’appât du gain semble aussi fortement les attirer : 39 % des sondés avouent attendre des rendements supérieurs d’un produit responsable.

 

(1) Le World Wealth Report 2020 couvre 71 pays, représentant plus de 98% du revenu national brut mondial et 99% de la capitalisation boursière mondiale. Pour l’édition 2020 de l’étude Global HNW Insights Survey de Capgemini, plus de 2 500 PF ont été interrogés sur 21 grands marchés patrimoniaux en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et dans la région Asie-Pacifique. L’enquête a été menée en janvier et février 2020. A ce titre, les résultats ne tiennent pas compte de l’impact de la crise COVID-19.  

(2) Les particuliers fortunés (« high net worth individuals », HNWI) désignent des individus qui possèdent au moins 1 million de dollars US d’actifs investissables, hors résidence principale, objets de collection, consommables et biens de consommation durables.