Le Covid-19 risque de faire le tri parmi les fintech

Par Pauline Armandet
Selon une étude, les néobanques, robo-advisors et plates-formes de prêts seraient plus menacés que le secteur des paiements ou les insurtech.

Les fintech sont-elles suffisamment armées en cas de crise économique ? Une chose est sûre : elles restent moins robustes que le secteur financier traditionnel, et certaines s'en sortiront mieux que d'autres. C'est ce qui ressort d'un rapport publié récemment par le courtier Rosenblatt Securities. Il y a encore quelques semaines, les fintech apparaissaient comme des acteurs redoutables, faisant presque oublier la fragilité de leur business model.

Des IPO repoussées

Rosenblatt Securities considère que les néobanques, les robo-advisors et les plates-formes de financement participatif (ou de crowdfunding) devraient être davantage fragilisés que d'autres secteurs. A cet égard, le courtier pense que les fintech britanniques LendInvest et Zopa devront notamment repousser l’échéance de leur introduction en bourse (IPO), tandis que d'autres acteurs comme Lending Club ou encore OnDeck seront «sous pression». De même, le courtier craint une perte de confiance des jeunes investisseurs (génération Y) vis-à-vis des robo-advisors, alors que ces derniers constituaient leur clientèle principale.

Les néobanques, dont certaines bénéficient de valorisation à plusieurs milliards comme N26 (3,5 milliards de dollars de valorisation) ou encore Revolut (5,5 milliards de dollars) pourraient voir leur activité chuter. «Le déclin de l'activité commerciale, une économie en baisse et des conditions de financement serrées nuiront particulièrement aux banques challenger», estime le courtier. Seul point positif : la demande accrue de digital, notamment via l’utilisation du paiement sans contact ou le recours à des conseillers en ligne en raison de la fermeture d’agences bancaires.

En outre, les fintech spécialisées dans le paiement devraient mieux s’en sortir. Malgré une baisse des transactions à prévoir en raison d'une «économie mondiale paralysée où les consommateurs et les entreprises restreignent les voyages et les divertissements», le courtier considère que le secteur des paiements devrait tirer son épingle du jeu en proposant des services innovants pour le secteur financier et non financier.

De leur côté, les insurtech semblent les plus résistantes. «Le virus pourrait stimuler la demande pour certains types d'assurance en augmentant la sensibilisation et la demande d'une meilleure couverture», estime le courtier, faisant référence à des domaines connexes comme la cybersécurité.