Le Covid-19 conforte l’attrait pour l’ESG

La pandémie a sensibilisé davantage les investisseurs sur les critères environnementaux et sociétaux même si des barrières à leur utilisation systématique existent encore.

Confinés, les investisseurs réfléchissent. La dernière étude annuelle menée par HSBC sur la finance durable auprès de 1.000 investisseurs et 1.000 émetteurs dans le monde, intitulée «Sustainable Financing and Investing Survey», montre qu’à cause du Covid-19, 87% des investisseurs institutionnels ont changé leur façon de considérer les questions environnementales, sociétales et de gouvernance (ESG).

Et ces changements ont plutôt été positifs. Car si 1,5% d’entre eux considèrent que la pandémie les fera réduire de façon permanente l'accent mis sur l'ESG, les autres sont, au contraire, plus ouverts sur ces sujets. Ils ne sont en effet plus que 46% à se sentir freinés par des obstacles pour concrétiser leurs investissements ESG, contre 61% l’année dernière. La  principale difficulté qu’ils rencontrent, précise l’étude, tient à la qualité et la comparabilité des données«Le plus gros problème est que les investisseurs estiment que les données ESG des émetteurs ne sont pas suffisamment comparables. La moitié des investisseurs dans le monde trouve que cela constitue un obstacle à un investissement», peut-on lire dans l’étude.

La proportion des investisseurs éprouvant des difficultés diffère cependant selon les zones géographiques. Ils sont 59% au Moyen-Orient, 51% en Amérique, 34% en Europe et 28% en Grande-Bretagne. Cette meilleure perception de l’investissement ESG en Europe n’empêche pas que les investisseurs européens citent parmi les critères de blocage le manque de clarté dans les différentes définitions et acceptions de l’ESG. Les investisseurs français sont, par exemple, 58% à citer ce point comme étant un problème.

Des différences géographiques existent aussi sur les motivations des investisseurs. Dans leur globalité, ils donnent davantage d’importance au couple rendement/risque de leurs investissements (à 49%) pour investir sur l’ESG plutôt qu’à leurs convictions et valeurs (38%). Pour l’Europe, ce sont avant tout les pressions sociales (47%) et réglementaires (43%), qui constituent les facteurs les plus incitatifs à un investissement ESG.

Cette étude montre donc que les critères environnementaux sociaux et de gouvernance restent importants dans une conjoncture particulièrement hostile, même si les motivations et le degré d’intégration peuvent différer d’une zone géographique à l’autre.