Le courtier en assurance Finaxy Group est en vente

Aroun Benhaddou
Santiane, l’un de ses concurrents, va pour sa part relancer son processus de cession dans les prochaines semaines.

Insensible aux fluctuations de la conjoncture économique, le microcosme du courtage en assurance continue d’attirer les investisseurs de tous bords. Une dynamique sur laquelle Finaxy Group entend bien surfer pour changer de mains dans les meilleures conditions. De sources financières, l’actionnaire majoritaire du courtier en assurance, Equistone Partners Europe, a en effet mandaté la banque d’affaires Lazard, en vue d’organiser sa sortie.

En 2014, le fonds avait repris près de 80% du capital de l’entreprise au fondateur Erick Berville – notamment connu pour avoir été le vice-président d’April entre 2004 et 2007. Finaxy Group n’était alors qu’un courtier de petite taille, dégageant près de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais le courtier a depuis grandi jusqu’à prévoir 40 millions de revenus cette année, pour près de 11 millions d’euros d’Ebitda. «Un niveau de rentabilité qui devrait attirer bon nombre de fonds midcap. Les industriels ne sont en revanche pas conviés dans l’enchère à venir, car le management souhaite garder un rôle majeur dans l’entreprise», souligne une source.

Ce dynamisme, Finaxy le doit à une croissance organique forte, mais aussi à une intense stratégie de consolidation. Pas moins d’une vingtaine d’acquisitions ont été réalisées par le groupe depuis 2009, dont deux depuis le début de l’année. Le plus souvent, ces opérations portent sur des structures indépendantes de petite taille mais positionnées sur des produits de niche – la spécialité de Finaxy. La participation d’Equistone Partners Europe s’est bâtie autour de trois divisions. La première s’adresse aux entreprises de taille moyenne avec des produits IARD (agroalimentaire, risques industriels, construction…) et la deuxième est orientée en direction des particuliers, en proposant notamment des assurances pour chiens et chats, pour les voitures de collection, ou bien encore pour les motos.

En complément, Finaxy a progressivement conclu des partenariats avec des géants de la banque et de l’assurance pour leur proposer ses services en marque blanche. Il avait notamment co-créé une joint-venture avec Pacifica en 2012, pour permettre aux caisses régionales du Crédit Agricole de distribuer des produits d’assurances de niches. Puis avait procédé de la même manière avec MMA en 2016, sur le marché de l’entreprise.

Modèles divergents

Santiane se présente pour sa part comme l’un des grands spécialistes en France de la distribution de couvertures individuelles santé et prévoyance. Sa vente, qui a été confiée à Cambon Partners fin 2019, doit reprendre dans les prochaines semaines. «Le processus avait été mis en pause car sans cela, les offres auraient été demandées pendant la période de confinement. La phase 1 va être relancée car le marché reste porteur et la croissance embarquée importante», confie un proche du dossier.

Propriété de Blackfin Capital Partners depuis 2015, Santiane (qui a fait appel à un prêt garanti par l’Etat) dégage près de 15 millions d’euros d’Ebitda, avec cependant un recours plus prononcé que Finaxy aux commissions précomptées – pratique reflétant le versement d’une avance sur commission procurée par les assureurs et les courtiers grossistes à leurs réseaux de courtiers distributeurs. Le cabinet d’assurances créé par Christophe Courtin en 2005 n’a quasiment jamais eu recours à la croissance externe mais espère devenir plus gros qu’April dans l’univers de la santé, à horizon cinq ans. Une perspective qui pourrait attiser l’appétit des fonds, mais aussi d’industriels du secteur.