Coronavirus

Le confinement de l’économie française coûtera cher

Par Capucine Cousin
Bercy doit dévoiler ce lundi des mesures pouvant aller jusqu’à 40 milliards d’euros, après avoir instauré des mesures de confinement partiel.
Pixabay

Ce week-end, la France a basculé officiellement dans la « phase 3 » de sa gestion de l’épidémie de coronavirus. Et Bercy commence déjà à instaurer ses mesures d’accompagnement d’une économie quasiment mise à l’arrêt. 

Bruno Le Maire a évoqué dimanche soir, sur France 2, des mesures d’aides de « plusieurs dizaines de milliards d'euros» aux acteurs économiques, «qui aujourd'hui sont dans une situation de détresse totale ». Elles doivent être annoncées ce lundi matin. Elles porteront entre autres sur la trésorerie des entreprises: « l'Etat fera le nécessaire pour s'assurer que les banques prêtent aux entreprises ce dont elles ont besoin en terme de trésorerie », a-t-il précisé. Il avait déjà annoncé jeudi dernier un fonds de solidarité pour les entreprises les plus touchées par la crise.

40 milliards d'euros. Le gouvernement préparerait un plan de sauvetage économique qui pourrait aller jusqu'à 40 milliards d'euros, selon Les Echos. Cette somme couvrirait notamment les garanties publiques apportées aux prêts pour les PME, les reports de charges fiscales et sociales en mars (chiffrées à «15 et 20 milliards d'euros»), ainsi que des dépenses publiques telles que le dispositif de couverture intégrale du chômage partiel dans les entreprises, (évalué à «10 ou 15 milliards d'euros»), poursuit Les Echos. Vendredi dernier, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, estimait qu’un peu plus de 5.100 sociétés avaient fait des demandes de chômage partiel, pour environ 80.000 salariés.

Fermeture des lieux publics. Et de fait: face à la progression de l’épidémie du Covid-19, la France est passée en quasi-quarantaine en quelques jours. Jeudi soir, dans un discours solennel, le président Emmanuel Macron annonçait la fermeture des crèches, des écoles, collèges, lycées et universités dès ce lundi. Le lendemain, le Premier ministre Edouard Philippe notifiait l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes.  

Samedi soir, ce dernier déclarait la fermeture à partir de minuit, jusqu’au 15 avril, de tous les lieux recevant du public : restaurants, cafés, cinémas, centres commerciaux, musées, et «commerces non alimentaires». «Nous avons vu trop de gens dans les cafés, les restaurants. (…) Les Français manquent de discipline», a-t-il reproché lors d’une déclaration à la presse. Des annonces, officialisées par arrêté dimanche, destinées à éviter la circulation des Français - et à freiner la progression continue de l’épidémie de Covid-19 dans l’Hexagone. Dimanche soir, elle avait fait en France 127 morts et 5.423 personnes contaminées. 

Les commerces alimentaires, pris d’assaut depuis quelques jours à des fins de stockage, pourront rester ouverts, tout comme les activités de livraison à domicile. Muriel Pénicaud a autorisé le travail du dimanche dans le secteur de la logistique afin d'approvisionner notamment ces magasins alimentaires. Bruno Le Maire a annoncé qu'il y aurait aussi des «assouplissements» sur le travail de nuit et les heures supplémentaires. 

Il a aussi demandé aux entreprises de développer le télétravail, et d’éviter l’organisation de réunions. Depuis plusieurs jours déjà, un certain nombre de sociétés ont anticipé, commençant à organiser le travail à domicile pour tout ou partie de leurs salariés. 

Les services publics resteront ouverts. En revanche, le gouvernement a annoncé la fermeture de l'ensemble des tribunaux à compter de lundi, sauf pour «le traitement des contentieux essentiels», et a appelé, si possible, à annuler les sessions d'assises.

Transports réduits. Cette mise en quarantaine partielle passe aussi par les transports, qui vont être progressivement réduits «pour limiter la propagation du coronavirus en France», a annoncé dimanche Elisabeth Borne, ministre de la Transition chargée des transports. Pour la SNCF, sept trains du dix rouleront lundi, puis le trafic sera progressivement amené dans le courant de la semaine à un train sur deux pour les TGV et les trains intercités, et environ deux TER sur trois à compter de mardi. De même, à Paris, le trafic à la RATP sera de plus en plus réduit. Aucune mesure de restriction n'est prise pour les taxis et VTC, ainsi que pour le transport de marchandises.

Assurément, une partie de la vie quotidienne des Français, et de la vie économique, va s’arrêter. Plus encore avec la publication probable dans les prochaines heures d'un nouveau décret limitant encore les déplacements des Français.