Le capitalisme, un jeu d'enfants

La Fédération bancaire française a interrogé des enfants sur leurs comportements d'épargne et d'achat. Le sujet est loin de leur être étranger.
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Echanger ses cartes pokémon sous le préaut ou les garder parce qu'elles ont plus de valeur que celles de ses camarades de classe ? Dès leur plus jeune âge, nos chérubins sont conditionnés, du moins sensibilisés, à la gestion d'actifs. L'enquête commandée par la Fédération bancaire française, dont les résultats ont été dévoilés le 22 mars, confirme cet attrait : 92 % des enfants interrogés parlent d'argent avec leurs parents, 76 % avec leurs amis, 67 % à l'école et 64 % avec les grands-parents. S'ils sont donc familiers de cette problématique - 73 % d'entre eux perçoivent la gestion de leur budget comme facile - ils font part, d'après l'enquête, d'un « besoin d'accompagnement sur certaines notions ».

Comme les adultes, leur comportement d'épargne a été modifié avec le confinement : 53 % d'entre eux ont mis leur argent de poche de côté et la fréquence d'achat moyenne mensuelle est passée de 1,9 en 2020 à 1,6. Un phénomène peut-être aussi lié à la baisse de la générosité des parents, dont 19 % donnent moins d'argent à leurs enfants depuis le premier confinement. 

Les répondants entre 8 et 14 ans ont quasiment tous déjà effectué un achat avec leur argent, à 9 ans en moyenne. Beaucoup veulent ce que possèdent leurs amis (77 %) ou ce qu'il voient à la télévision (71 % parmi les 8-10 ans). Mais le petit écran est en recul au profit d'internet, qui fait la part belle aux influenceurs (+3 points par rapport à l'enquête de 2019) et aux publicités en ligne (+ 8 points). La moitié des sondés l'ont déjà utilisé pour faire un achat. 
Concernant leur achat privilégié, il n'est plus aujourd'hui question de cartes à collectionner. Le coeur de 36 % d'entre eux va aujourd'hui au jeu vidéo. 

 

(1) Enquête Harris interactive réalisée en ligne du 2 au 10 mars 2021 sur un échantillon de 1000 enfants âgés de 8 à 14 ans et représentatifs de cette population, après autorisation préalable d’au moins l’un de leurs parents. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : catégorie socioprofessionnelle et région des parents, ainsi que sexe et âge des enfants.