Le bon coup à jouer de l’ISR

Eric Leroux
L’Investissement socialement responsable va-t-il connaître un coup d’accélérateur après la crise sanitaire ? S’il est trop tôt pour donner une réponse définitive, tous les clignotants sont au vert et les professionnels fourbissent leurs armes

S’il y a un gagnant dans la crise financière qui a accompagné la crise sanitaire du Covid-19, c’est bien l’investissement socialement responsable (ISR) et son triptyque ESG, pour Environnement, Social et Gouvernance. Moins touché par les baisses de valorisation, il devrait repartir d’autant plus fort que de nombreux gérants prennent maintenant en compte les aspects extra-financiers. Et le public, mieux informé sur ces produits qui vont devenir de plus en plus accessibles, pourrait s’y montrer très sensible et être enfin au rendez-vous. D’autant plus que la question du réchauffement climatique n’a pas été balayée par la maladie. Au contraire, puisque de nombreuses voix associent l’apparition de nouveaux virus à l’emballement climatique et au recul de la biodiversité.

I - Pourquoi l’ISR a moins baissé

La crise boursière qui s’est abattue dans le monde pour cause de coronavirus et de choc pétrolier n’a pas modifié le constat qui était fait avant la crise : la prise en compte de critères extra-financiers (ESG) permet d’obtenir de meilleures performances qu’une simple analyse des bilans financiers. Evidemment, avec les ventes panique qui ont eu lieu au mois de mars, même les sociétés les plus responsables ont été balayées. Elles ont néanmoins mieux résisté. Un simple coup d’œil sur les données du MSCI le confirme : tous les indices à base d’ESG ont légèrement moins baissé que les indices généralistes. « Une grande partie de la performance des indices (ESG) au premier trimestre 2020 était attribuable à l’inclinaison systématique de ces indices vers des actions ESG plus élevées », écrit le fabriquant d’indices dans son blog. Un constat qui valide celui établi par différentes études depuis plusieurs années.

La moindre sous performance de l’ESG n’est pas exceptionnelle : sur le premier trimestre, pendant que l’indice généraliste de MSCI perdait 21,3 %, les différents indices ESG perdaient entre 18,4 et 20,1 %. Mais ces résultats arrivent après plusieurs années de sur-performance, qui modifient le regard sur les entreprises responsables. Amundi a ainsi publié, en début d’année dernière, une étude analysant l’impact des critères ESG sur 1.700 entreprises cotées dans le monde. Si les critères ESG ont pu pénaliser les valeurs les plus engagées entre 2010 et 2013, le constat s’est renversé à partir de 2014 : « Sur la période de 2014 à 2017, l’investissement ESG a été une source de sur-performance, tant en Europe qu’en Amérique du nord », affirment ses auteurs. L’étude cite d’ailleurs un chiffre parlant : un portefeuille qui aurait sur-pondéré les 20 % d’actions les mieux notées sur le plan ESG et sous-pondéré les 20 % les moins bien notées, aurait généré un rendement supplémentaire de 3,3 % en Amérique du Nord, et de 6,6 % dans la zone euro.

Plus récemment, en septembre dernier, c’est Lyxor, le spécialiste de la gestion indicielle, qui a commissionné une étude parvenant aux mêmes conclusions : « Investir selon des critères ESG ne signifie pas dégrader la performance du portefeuille, explique François Millet, responsable stratégie, ESG et Innovation chez Lyxor ETF. Une stratégie de filtrage fondée sur les scores ESG augmente le profil ESG des portefeuilles, sans diminuer les rendements ». Là encore, l’étude note que l’ISR peut conduire à améliorer les résultats financiers : « Dans la plupart des cas, l’utilisation d’un filtre ESG a amélioré la performance des portefeuilles. Par exemple, l’exclusion de 50 % des entreprises aux notes ESG les plus faibles d’un portefeuille d’actions européennes a ajouté 2,3 % de rendement par an sur dix ans, tout en diminuant de 1,6 % la volatilité ». Plus de rendement, moins de risque, en quelque sorte.

Anne-Catherine Husson-Traore, directrice de Novethic et fidèle porte-parole de l’investissement responsable, fournit des éléments d’explication à cette meilleure tenue des valeurs ESG. « L’ESG apporte une analyse des risques justes qui pèsent sur les secteurs. Elle favorise donc des modèles plus durables, en repérant les entreprises qui construisent un monde aligné sur la résilience de leur domaine, que ce soit sur le climat ou sur des dimensions sociales ». Elle précise cependant aussitôt une autre particularité : « l’ESG investit peu dans les secteurs à problèmes environnementaux comme le pétrole, les compagnies aériennes ou l’automobile, soit ceux qui ont le plus souffert en mars en raison de la chute du prix du pétrole ». Sa conclusion ? « Quand on applique ces grilles d’analyse extra-financière, on a moins de casse parce qu’on connait mieux les fondamentaux des entreprises ». Un point de vue que partage Pierre Valentin, président du directoire d’Ecofi et acteur historique de l’ESG : « Avec l’analyse ESG, on évite les gros risques et les entreprises bien notées ESG ont de meilleurs bilans ». Résultat, « notre indice Ecofi ISR fait 4 à 5 % de mieux que l’indice de référence », poursuit-il.

II - Pourquoi il devrait repartir plus fort

S’il a mieux résisté à la baisse, l’ISR devrait aussi être aux premières places pour profiter d’une reprise. Un bémol, tout de même, à prévoir du côté des performances : « Si les prix du pétrole repartent à la hausse, les portefeuilles ESG en profiteront moins en raison de leur sous-pondération des valeurs énergétiques », prévient François Millet. Mais à défaut de pétrole, ils ont d’autres réserves de carburant pour redémarrer. « L’ISR, c’est l’investissement du jour d’après, estime Olivier Johanet, président de la Financière Responsable. Beaucoup de gens s’interrogeaient jusqu’ici sur l’opportunité de s’y lancer ; ils vont maintenant passer à l’action ». Pour Anne-Catherine Husson-Traoré, « nous entrons dans la matérialisation de l’extrême faiblesse de notre système économique. Si on continue à favoriser des modèles fragiles, non durables, on court vers la catastrophe. De plus en plus de gérants s’en rendent compte ».

Il suffit en effet de lire les communications des sociétés de gestion pour prendre le pouls : d’un concept de niche, plutôt militant, l’ISR est en train de devenir une tendance majeure et les données ESG sont de plus en plus utilisées pour élargir le regard sur les entreprises, avant d’y investir. Un mouvement qui frappe aussi bien des sociétés de gestion de taille « familiale » que des grands groupes internationaux.  « Il faut adhérer à cette tendance pour aller dans un sens de progrès », déclare ainsi Michel Dinet, directeur du développement de Richelieu Gestion, qui vient de lancer son premier fonds ISR et se prépare à en proposer un deuxième. A l’opposé, en termes de taille, BlackRock, annonçant le lancement d’un nouveau fonds, rappelle sa « volonté de développer sa plateforme d’investissement durable et de faire de la durabilité sa norme d’investissement ». « Il y a un bel avenir pour l’ESG, confirme Pierre Valentin. Les flux de souscription enregistrent des progressions à deux chiffres, on assiste à des conversions de fonds, mais il y a encore du chemin à faire, car l’ISR reste toujours minoritaire face à la finance classique ». La loi de l’offre et de la demande étant ce qu’elle est, ce positionnement très partagé des sociétés de gestion sur les entreprises et émetteurs les mieux notés au plan de l’ESG devrait créer un appel d’air sur les marchés et entraîner logiquement les valeurs les plus responsables à la hausse. D’autant plus que, comme l’explique un responsable de la recherche quantitative dans une grande société de gestion, « il est évident que les risques « extra-financiers » sont devenus des risques financiers et que la dynamique actuelle de valorisation des actifs est favorable pour les investisseurs ESG ». « Avec la crise, nous avons atteint, voire dépassé, un niveau d’inflexion, observe Carole Crozat, responsable de la recherche thématique investissement durable de BlackRock. Nous avons vu les investisseurs se repositionner sur des fonds ESG, avec la volonté de « dérisquer » leurs portefeuilles. Ce n’est pas tactique, c’est stratégique et cela s’inscrit dans le cadre d’investissements durables ».

III - Pourquoi on va en parler de plus en plus

Longtemps confiné dans un univers étroit, l’ISR reste encore méconnu du grand public - et de nombreux distributeurs financiers -, mais les choses bougent vite, et la crise actuelle pourrait lui redonner des arguments. « Les épargnants particuliers seront de plus en plus à l’aise avec l’ESG, prédit Michel Dinet. Ils voudront savoir si les entreprises dans lesquelles nous les faisons investir ont eu une attitude positive avec leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients, durant la crise, si elles ont un impact environnemental favorable. Il y aura un effet de préférence pour celles qui ont su se montrer solidaires et sont basées sur des modèles durables. C’est important à l’heure où nos clients nous réclament de plus et mieux communiquer sur nos choix d’investissement et attendent de nous de la transparence ».

Cet attrait pour l’ISR devrait être amplifié par les nombreuses communications qui placent désormais cette question au cœur des enjeux. Le Label ISR, par exemple, est maintenant mis en avant par les dizaines de sociétés de gestion qui l’ont obtenu, ce qui facilite naturellement la connaissance des clients. S’y ajoute, un cran au-dessous, le label Greenfin, accordé aux fonds qui investissent dans des entreprises ou organismes levant des fonds pour financer des activités liées à l’environnement et aux énergies renouvelables. D’autres labels, comme celui que s’apprêtent à arborer les fonds immobiliers (lire encadré) ou le futur label européen Ecolabel, vont apporter eux aussi de la visibilité et permettre aux épargnants de voir qu’il existe des gestions différentes.

 

Un label pour les SCPI et OPCI

En préparation depuis plus de deux ans, le Label ISR des Opci, Scpi, et autres fonds immobiliers, arrive bientôt ! Après de multiples concertations entre la profession et le ministère de l’Economie et des Finances, le texte est proche de sa finalisation et il est attendu d’un moment à l’autre. « Malgré la crise, il y a une volonté de Bercy d’avancer vite », témoigne Véronique Donnadieu, déléguée générale de l’Aspim. Pour bénéficier de ce label, les fonds immobiliers devront donc déployer au moins huit indicateurs sur les trois piliers de l’ESG (4 imposés et 4 librement choisis). Il leur faudra définir des objectifs, pouvoir expliciter leur méthodologie et la manière dont ils prennent en compte ces critères, développer des politiques de vote, améliorer la transparence sur la stratégie, les objectifs et les résultats, et pouvoir mettre en évidence leurs impacts positifs. Les consommations énergétiques des bâtiments, le traitement des déchets ou l’accès aux transports sont quelques-uns des points saillants du futur label, au même titre que les relations avec les différentes parties prenantes. « Il y a déjà des acteurs très avancés sur le marché, qui sont prêts à se faire labelliser », indique Véronique Donnadieu, et l’existence du label devrait pousser les moins avancés sur l’ESG à se retrousser les manches. Il est cependant probable que des fonds immobiliers ISR soient créés ex-nihilo, dans la mesure où le label portera sur l’ensemble du patrimoine, et que les fonds existants n’auront pas forcément intérêt à remanier leurs portefeuilles existants. Quoi qu’il en soit, le fait de marier ISR et fonds immobiliers devrait faire des heureux si l’on considère que les Français adorent la pierre et sont de plus en plus sensibles aux questions de développement durable.

Le fait que l’ISR fasse son entrée dans l’assurance vie devrait aussi accélérer les choses : depuis janvier dernier, tous les nouveaux contrats doivent obligatoirement intégrer au moins un fonds ayant reçu le label. D’ici à 2022, ils devront aussi proposer un fonds Greenfin et, dans un autre domaine, des fonds solidaires.

C’est cependant par une autre voie que l’ISR pourrait s’imposer : les indices boursiers. L’Union européenne doit publier prochainement des textes qui vont obliger les fabricants d’indices à indiquer la trajectoire climatique de ces indices. Selon le groupe de travail de l’Union Européenne, les grands indices actuels nous mènent, par exemple, droit vers un réchauffement de la planète entre 4° et 6° C. « Deux labels européens vont être créés, focalisés sur la décarbonisation des portefeuilles et leur alignement aux objectifs de l’Accord de Paris, rappelle François Millet. Nous allons donc assister à la naissance de nouveaux indices aux impacts climatiques moindres. C’est une réglementation qui marquera une transition majeure pour notre industrie ». Face à un indice conforme aux Accords de Paris, qui limitent le réchauffement à 1,5°, et un CAC 40 qui mène vers une fournaise, les citoyens vont être sérieusement sensibilisés. Il est fort probable qu’ils marquent leur préférence pour les titres et indices qui induisent le moindre réchauffement. Cette traduction concrète de l’investissement socialement responsable devrait, à coup sûr, faire prendre conscience des enjeux liés à cette approche de gestion. Mieux informés, les épargnants risquent donc de demander des comptes et les professionnels devront être en mesure de leur proposer des solutions alternatives qui passent, justement, par l’ESG.

« Toute la profession s’y prépare, constate Hugues Morel, président du cabinet de conseil Finnegan. De plus en plus d’asset managers se focalisent par exemple sur les labels ESG, ce qui représente un gros travail réglementaire et documentaire. Les assureurs, à l’exception des plus gros qui sont déjà prêts, veulent se mettre en position de faire des sélections de fonds ISR. Quant aux banques, très sensibles au risque de réputation, elles s’inscrivent désormais dans une stratégie globale pour améliorer leur RSE et proposer dans le réseau des produits ISR. C’est un secteur qui décolle très fortement ! ».

IV - Le climat, tendance majeure d’après crise

Si l’ISR est en vogue, c’est surtout l’une de ses tendances, le E de environnement, qui semble appelé au plus grand succès. Les craintes sur le réchauffement climatique n’ayant pas été éclipsées par le coronavirus - certains scientifiques lient d’ailleurs le réchauffement et la moindre biodiversité à l’apparition de nouveaux virus - c’est dans ce domaine, plus facile à appréhender, que l’offre et la demande pourraient le plus facilement se retrouver. C’est la raison pour laquelle on assiste de plus en plus souvent à la naissance de fonds centrés sur les enjeux climatiques, fonds qui pourraient se multiplier dans l’avenir lorsque les indices devront indiquer la trajectoire de réchauffement vers laquelle les entreprises qui les composent nous mènent.

Pour jouer cette carte de l’investissement environnemental, le label Greenfin (ex TEEC - pour Transition écologique et énergétique pour le climat) offre sur un plateau une solution simple : « C’est un label vert foncé, selon Anne-Catherine Husson-Traore. Les investisseurs qui achètent des fonds labellisés sont certains que leur argent aura un impact climatique favorable, puisque ces fonds investissent dans des entreprises qui réalisent une part sensible de leurs activités dans des secteurs favorables à l’environnement ». Si l’offre est encore très limitée, avec seulement 18 fonds ouverts au grand public - à comparer aux plus de 395 fonds ayant le Label ISR à fin avril -, elle devrait fortement s’étoffer dans les prochains mois. En effet, l’Union Européenne oblige, à partir de l’an prochain, les entreprises cotées à indiquer la part de leurs activités ayant un impact sur le climat dans le cadre d’une « taxonomie », et les gérants pourront plus facilement identifier les titres susceptibles d’être mis en portefeuille. Si cette nouveauté risque de déstabiliser certains fonds dits « verts », elle ouvrira un nouveau gisement d’opportunités pour l’ensemble des gérants.

Au-delà du label Greenfin, de nombreux fonds ISR mettent aussi l’accent sur le climat. « Il existe deux approches distinctes, poursuit la directrice générale de Novethic. La première consiste à investir uniquement sur des entreprises qui proposent des solutions pour lutter contre le réchauffement et la défense de l’environnement. C’est bien, mais ce n’est pas à la hauteur des enjeux. C’est pourquoi la deuxième approche paraît plus impactante : les gérants y développent une approche dans le cadre de la transition, afin de faire pression sur les entreprises pollueuses pour faire évoluer favorablement leurs pratiques ». Ces fonds se reconnaissent en général par le terme « impact » et « climat » qui figure dans leur appellation.

A côté des fonds à gestion active, se développe également une offre d’ETF (trackers) de plus en plus soutenue. Une offre qui devrait encore s’élargir à l’avenir avec l’apparition, puis la généralisation, d’indices bas carbone. « Nous allons donner un grand coup d’accélérateur, prévient Carole Crozat. De 30 ETF liés au climat ou à l’ISR, il y a deux ans, nous sommes passés à une centaine aujourd’hui, et nous prévoyons d’arriver à 160 à la fin de l’année, afin d’accompagner les clients dans leur transition ». Quoi qu’il en soit, les conseillers et épargnants les plus exigeants n’ont pas intérêt à s’arrêter à l’appellation ou au label d’un fonds ISR pour y investir : il est fondamental d’examiner les critères d’investissement déterminés par les gérants (« best in class » - soit meilleur de sa catégorie -, exclusion, impacte…), et encore plus de suivre les compte-rendu de gestion afin d’examiner les résultats concrets de la politique environnementale, sociale et de gouvernance. Il faut pour cela détailler les indicateurs d’impact qui ont été développés, et observer les évolutions du portefeuille afin de déterminer s’il participe vraiment à une amélioration. C’est, à n’en pas douter, la partie la plus difficile, d’autant qu’il n’existe pas encore de méthode transversale pour procéder à ces mesures. Les conseillers en gestion de patrimoine doivent donc se préparer à revoir leurs argumentaires pour proposer des fonds à leurs clients, et surtout à justifier a posteriori leurs choix, en fonction des résultats extra-financiers qu’ils auront induits. 

 

Dans le non coté, la difficile équation

Les sociétés d’investissement en capital risque n’échappent pas à la vague de l’investissement socialement responsable. Depuis plusieurs années, France Invest, leur association professionnelle, publie chaque année un rapport qui est d’ailleurs entièrement consacré à l’ESG. On y découvre des opérateurs plutôt motivés, puisqu’ils sont 129 à répondre au questionnaire annuel de l’association centré sur ces questions, et on y apprend que 40 % des sociétés de gestion de small caps ont par exemple mis en place un reporting ESG. Un chiffre en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Dans l’univers des mid-caps, 86 % des entreprises accompagnées annoncent suivre le taux de fréquence et la gravité des accidents du travail, mais 15 % seulement réalisent un bilan sur leurs émissions de gaz à effet de serre. Sur le segment des large-caps, 41 % des entreprises ont formalisé une démarche RSE (Responsabilité sociale et environnementale). Reste, pour ces opérateurs, une difficulté à franchir : publier des principes ESG pour justifier leur démarche et, surtout, accepter un contrôle externe pour s’assurer que les prises de décision d’investissement sont bien conformes aux objectifs affichés.