Le baril de pétrole est suspendu à la production de l’Opep+

Xavier Diaz
Les prix du brut ont corrigé à la veille d’une nouvelle réunion des pays exportateurs.

Après avoir atteint des sommets de plus de sept ans, les prix du baril de pétrole ont nettement corrigé mercredi à la veille d’une nouvelle réunion de l’Opep+, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, dont la Russie. Les contrats à terme sur le Brent ont reculé de 2,6%, à 82,50 dollars tandis que les cours du WTI américain ont chuté de 3,1%, à 81,30 dollars.

Le baril a été affecté par l’annonce d’une augmentation plus importante que prévue des stocks de brut aux Etats-Unis de plus de 3,3 millions de baril la semaine passée. La bonne tenue du dollar avant la réunion de la Réserve fédérale américaine a également pesé sur les prix du pétrole.

L’attention des traders est néanmoins focalisée sur la réunion de l’Opep+ ce jeudi au cours de laquelle doit à nouveau être discuté l’ajustement de la production. A la veille de cette rencontre, la pression des pays consommateurs de brut, qui voient d’un très mauvais œil la forte hausse récente des cours, s’est accentuée. Le président américain Joe Biden a attribué lors de la COP 26 à Glasgow cette hausse au refus de l’Arabie Saoudite et de la Russie de produire davantage de pétrole.

L’Opep+ a décidé lors de sa réunion d’octobre de ne pas toucher à son plan d’ajustement de la production, fixé en juillet, consistant en l’ajout de 400.000 barils/jour chaque mois entre août et novembre.

Des membres de l’Opep+, dont l’Arabie Saoudite, ont récemment réaffirmé leur volonté de maintenir leur approche prudente, une opinion soutenue par le Nigeria et l’Azerbaïdjan. Si la hausse des prix est en grande partie liée à la reprise de la demande avec la réouverture des économies, ainsi qu’à la progression des cours du gaz, l’Opep+ estime que la pandémie est toujours un risque, comme le montre la hausse actuelle des contaminations en Chine, avec un nouveau déséquilibre potentiel entre l’offre et la demande début 2022.

Un accord sur une augmentation de la production n’est toutefois pas totalement exclu par les opérateurs. Mais le problème n’est pas tant le niveau de hausse de la production que la capacité des membres de l’Opep+ à la mettre en œuvre en raison de l’absence d’investissements dans certains pays. Et une augmentation de l’Arabie Saoudite, de la Russie ou des Emirats Arabes Unis, les plus gros producteurs, nécessiterait une renégociation plus vaste de l’accord.

Reste pour les Etats-Unis et les autres consommateurs de pétrole l’arme de la réduction coordonnée des stocks stratégiques de pétrole. Une arme qui a eu de réels effets sur les prix par le passé.