LCL lance une gamme de fonds climat

La banque va proposer à ses clients privés des supports d’investissement «actifs» dans la lutte contre le réchauffement climatique, en partenariat avec CPR AM, Amundi et Omnes Capital.
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Par Amélie Laurin, L'Agefi Quotidien

Le boulevard des Italiens se met sur son 31. LCL accueille ce mercredi soir ses clients patrimoniaux dans son siège historique pour leur présenter la «première gamme de placements actifs dans la lutte contre le réchauffement climatique». Pour tenir cette promesse, la filiale du Crédit Agricole assure avoir conçu des fonds verts d’un nouveau genre. «Aujourd’hui les offres ISR (investissement socialement responsable, ndlr) et ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont souvent un peu abstraites pour nos clients, notamment parce qu’elles poursuivent plusieurs objectifs», constate Olivier Nicolas, membre du comité exécutif de LCL. Pour leur permettre d’investir sur des actifs ayant un «impact» sur le climat, «nous allons proposer une gamme multi-actifs aux finalités et aux effets très concrets en matière de lutte contre le réchauffement climatique, les uns investissant sur les acteurs les plus vertueux en matière d’émission de CO2, les autres dans des projets d’infrastructure tels que l’énergie solaire, l’éolien ou l’immobilier à très haute qualité environnementale», dévoile à L’Agefi le dirigeant, en charge notamment de la gestion de fortune et de la banque privée de LCL qui totalise environ 50 milliards d’euros d’encours.

COMPENSATION DES ÉMISSIONS DE CO2

Le verdissement est à la mode. En témoignent les professions de foi des grandes entreprises et des acteurs de la finance. Ou encore la ruée des gérants d’actifs pour l’appel d’offres de la Caisse des Dépôts (CDC) et de grands investisseurs français pour les futurs fonds de Place dédiés au climat. Pour se démarquer dans l’univers très concurrentiel de la banque privée, où les taux bas poussent les clients aisés vers l’immobilier et le non-coté, LCL mise notamment sur deux produits d’actions cotées, baptisés LCL Compensation Carbone. Ils s’appuient sur des stratégies lancées début 2019 par CPR Asset Management (AM), le spécialiste des stratégies thématiques d’Amundi, la filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole.

«Nos fonds actions et multistratégies (actions et obligations, ndlr) intègrent les mêmes processus de gestion que les fonds CPR Invest Climate Action (sélection des entreprises présentant les meilleures politiques climat au sein de leur secteur et filtres ESG) avec l’objectif d’une empreinte carbone résiduelle inférieure d’au moins 20 à 30% par rapport à celle de leurs univers de référence, explique Olivier Nicolas. Pour aller plus loin, «les fonds de LCL compenseront intégralement les empreintes carbone résiduelles au travers de programmes de reforestation et de préservation» , ajoute-t-il. La banque a choisi deux projets de reforestation au Cambodge et dans le delta de l’Amazonie. Ils seront financés par un prélèvement de 5 à 10 centimes sur les frais de gestion, fixés à 1,5% des encours. L’ONG CDP est chargée de la mesure des bilans carbone, et la société EcoAct des projets forestiers.

LCL espère ainsi se distinguer des fonds climat existants. Novethic, la filiale de finance durable de la Caisse des Dépôts, a labellisé 33 véhicules de finance durable, investis dans des sociétés qui limitent ou compensent elles-mêmes leurs émissions de CO2. Parmi eux, Theam Quant World Climate Charbon Offset, de BNP Paribas AM, est le seul à proposer un produit proche de celui de LCL. Mais il recourt à des certificats de réduction d’émission de gaz à effet de serre pour limiter son impact sur l'environnement, au lieu d’entretenir ou planter des arbres.

La démarche de LCL pourrait être assimilée par certains à du «green washing», d’autant qu'elle n’exclut pas les entreprises pétrolières par exemple, au nom d’une approche best in class. Confiante, la banque vise néanmoins 100 millions d’euros de collecte pour LCL Compensation Carbone.

PRODUITS STRUCTURÉS «GREEN»

Dans les énergies renouvelables (solaire, éolien), elle va répliquer, avec un nouveau véhicule, le dernier millésime Capenergie d’Omnes Capital, son partenaire historique dans le private equity«Une enveloppe leur est réservée aux cotés des investisseurs institutionnels d’Omnes», pointe Olivier Nicolas. «Pour les clients qui voudraient prendre moins de risques (et donc avec une espérance de rendement moindre), nous proposerons Amundi Energies Vertes qui, lui, investit dans des projets déjà en exploitation», poursuit le dirigeant de LCL. Ce produit éligible aux contrats d’assurance vie sera géré par Amundi Transition Energétique, filiale d’Amundi et EDF. La banque espère au moins 30 millions d’euros de collecte pour chacune de ses deux stratégies de non-coté.

Pour compléter sa gamme, elle développera aussi des produits structurés d’obligations vertes, indexés sur des indices «green» et conçus par Amundi ou Crédit Agricole Corporate and Investment Bank. Dernière pierre de sa stratégie d’impact : l’immobilier vert. LCL mise sur un fonds Perial dédié aux bureaux et sur le conseil en immobilier résidentiel à très basse consommation d’énergie. Avant, peut-être, de commencer à évangéliser la clientèle de son réseau de banque de détail.