Obligations convertibles

LBPAM élargit sa clientèle sur les convertibles

La Banque Postale Asset Management propose un nouveau fonds investi sur les obligations convertibles européennes
Le produit sera géré avec le même processus qu’un institutionnel existant mais s’accorde davantage de latitude

A l’instar des actions, l’année 2013 a été bonne pour les obligations convertibles. Selon les indices, la classe d’actifs, en Europe, affiche une performance entre 10 et 13 %, contre une progression des actions de la zone aux environs de 18 %. Le contrat implicite des convertibles a donc été rempli : elles ont fait, l’année dernière, plus de la moitié de la performance des actions (voir le graphique). La Banque Postale Asset Management estime que cette année encore, la conjoncture sera favorable à ces produits. Le gestionnaire a donc lancé, il y a quelques semaines, LBPAM Convertibles Opportunités, un fonds investi sur les titres européens et destiné à une clientèle très large.

Complément de gamme.

Le fonds s’inscrit dans la continuité de LBPAM Convertibles Europe, lancé en 2008 par le gestionnaire. Cependant, ce produit, plutôt destiné aux institutionnels, restait limité aux titres émis par les sociétés bénéficiant des meilleures signatures (investment grade). Le gérant pouvait se diversifier sur les titres non notés et de haut rendement jusqu’à 25 % de l’actif net du fonds. Aujourd’hui, LBPAM Convertibles Opportunités bénéficie d’un univers d’investissement élargi pour une clientèle d’institutionnels, mais aussi de banques privées, de distributeurs et de particuliers. Il peut ainsi se positionner plus largement sur les titres moins bien notés. Le gérant compte donc bénéficier, dans ce fonds, du portage du crédit en attendant que les marchés d’actions prennent le relais.

Sélection de valeur et allocation.

Le processus de gestion LBPAM Convertibles Opportunités est basé à la fois sur la sélection de valeurs – une équipe en interne analyse d’ailleurs la composante crédit des titres et effectue sa propre notation lorsque les émissions ne sont pas notées par les grandes agences – et sur la gestion de la sensibilité du fonds aux actions en fonction de la vision que se fait le gérant des marchés. « Aujourd’hui, la sensibilité du gisement à l’évolution des marchés d’actions, appelée delta, est inférieure à 30 % (ndlr : pour une progression de 1 % des actions, les convertibles progressent, en moyenne de 0,3 %). Or, comme nous sommes plutôt positifs sur les actions, le delta de notre fonds est aujourd’hui supérieur à 40 % », explique Christine Delagrave, gérante du fonds chez LBPAM. A noter que l’équipe de gestion peut aussi intervenir sur les marchés des options, par exemple, pour adapter cette sensibilité aux actions ou, plus rarement, pour se positionner sur des titres sur lesquels il n’existe pas de convertibles. Enfin, le gérant a la possibilité de diversifier ses expositions sur des zones étrangères à hauteur de 30 % dont 10 % sur les zones émergentes.

Une nouvelle dynamique à trouver.

Même si elle est aujourd’hui mise en avant par les gestionnaires, la classe d’actifs devra cependant, en 2014 et 2015, faire face à de nombreux remboursements. Les convertibles sont en effet généralement émises avec une échéance de  cinq ans or, l’année 2009 avait été très riche en nouvelles émissions. Sans compter qu’avec la hausse des marchés, certains titres peuvent être amenés à être convertis, ce qui est une bonne chose pour les gérants mais contribue aussi à tarir le gisement à long terme. « Certes, les remboursements attendus en 2014 et 2015 sont importants, déclare Christine Delagrave, mais nous constatons une dynamique forte sur les nouvelles émissions. Certaines entreprises, qui n’ont pas forcément accès aux marchés obligataires malgré les taux bas, veulent, avec l’émission de convertibles, financer de nouveaux investissements. » Finalement, même si la gérante intervient sur un gisement estimé à seulement 70 milliards d’euros, « cela est largement suffisant pour gérer nos fonds, déclare-t-elle, si l’élan que nous avons constaté l’année dernière sur les nouvelles émissions perdure ».

La conjoncture plus importante que la valorisation.

La valorisation des convertibles peut aussi aujourd’hui inquiéter certains observateurs. Une récente étude de BoA Merrill Lynch estime ainsi que fin 2013 en Europe, 61,8 % du marché des convertibles apparaît survalorisé, 17,4 % bon marché et 20,8 % à sa juste valeur, alors qu’en 2011, cette proportion était inversée (8 % des convertibles étaient considérées comme chères, 65,7 % onéreuses et 26,4 % à leur juste valeur). Cependant, « le risque de remontée des taux et les marchés d’actions plus porteurs constituent un environnement très positif pour les convertibles, même s’il est vrai que la valorisation de la volatilité à long terme calculée à partir de leur cours peut parfois apparaître élevée »