Portefeuilles types

L’Avis d’OFI AM

OFI AM

La croissance économique est en accélération et synchronisée mondialement, ce qui se répercute positivement sur les comptes des entreprises, dans un environnement de taux d’intérêt qui restent bas : l’environnement boursier est ainsi quasi idéal et a expliqué le fort démarrage de l’année, de l’ordre de 5% de progression en janvier des actions occidentales, et de 5% à 10% pour les actions émergentes... Ce rythme de progression apparaît un peu élevé et appelle quelques phases de corrections intermédiaires. Sur les taux d’intérêt, l’année 2018 sera marquée par un changement progressif des politiques monétaires, très accommodantes. Cette thématique devrait plutôt animer le second semestre. Pour ce qui est de la Réserve fédérale, le chemin semble, une fois de plus, bien balisé : trois hausses des Fed Funds de 0,25% durant l’année 2018 les porteront à un niveau somme toute bas et inédit de 2% / 2,25% pour une fin de cycle au début de l’année 2019. La nomination de Jerome Powell est pour l’instant perçue comme un non-­événement. Nous pensons que la partie courte de la courbe des taux ne devrait pas trop bouger désormais et que les taux à dix ans pourraient se situer autour de 3% à la fin de l’année.

En zone euro, le marché directeur, l’Allemagne, est resté globalement stable. On note sur l’année une tension légère de près de 15 points de base sur le dix ans, qui se stabilise autour de 0,37%. Les taux gouvernementaux de tous les autres pays périphériques se sont détendus dans ce climat d’amélioration généralisé, à commencer par les OAT françaises, qui ont bénéficié de l’effet « Macron » et se stabilisent à près de 20 points de base sur leurs homologues allemandes à dix ans. Le cas le plus spectaculaire de ces mouvements concerne le Portugal : le dix ans gouvernemental local a perdu près de 200 points de base en relatif avec l’Allemagne et se situe en fin d’année à 1,85%.

La BCE ne devrait pas modifier le niveau des taux directeurs dans les prochains six à douze mois, et l’annonce d’une réduction de la politique d’achat de titres est déjà dans le marché !

Dans ces conditions, il n’y a plus de potentiel de détente de spreads d’une façon générale, ni sur le gouvernemental ni sur le crédit, qu’il soit « investment grade » ou « high yield ». Nous avons commencé à voir sur le marché quelques titres trop endettés durement sanctionnés, ce qui illustre le fait que l’asymétrie de ces investissements est désormais « dans le mauvais sens ».

Il reste de la valeur sur la dette émergente en devises locales. Les flux internationaux se sont portés principalement sur la dette émise en devises fortes ces dernières années, et il y a actuellement un décalage avec lequel nous pouvons construire des portefeuilles investis uniquement en obligations gouvernementales, d’une vingtaine de positions, avec un rendement de plus de 8% sur un horizon de près de cinq ans. Et les devises émergentes ramenées en euros ne sont pas très éloignées de leurs plus-bas, ce qui peut donner un potentiel supplémentaire le cas échéant.

Nous aimons toujours les obligations convertibles, surtout européennes encore une fois, pour leur convexité intéressante aux niveaux actuels. Sur les actions, les valorisations commencent à être un peu élevées désormais à Wall Street. Le niveau absolu de valorisation n’a jamais donné de signal fiable de retournement de marché, et la faiblesse des taux d’intérêt peut justifier des valorisations plus élevées. Mais il est clair que, désormais, le potentiel des actions américaines semble limité. Nous pensons qu’elles pourraient progresser légèrement, de l’ordre de 5% sur l’année, compte tenu du contexte macroéconomique favorable et avec un scénario de hausse modérée des taux d’intérêt. Les actions européennes devraient faire mieux. Elles sont désormais nettement moins chères (PER de l’ordre de 15), avec des progressions de bénéfices attendues à +10% également cette année et un rendement des dividendes significatif, de plus de 3%. Elles ont, à notre avis, un potentiel de progression de l’ordre de 10% au cours des prochains mois, et cette performance sera plutôt réalisée au cours du premier semestre selon nous.