L'avis d'OFI AM

Ofi AM

L’année 2017 a été inédite sur plusieurs plans : croissance économique régulièrement révisée à la hausse, surtout en zone euro, pas d’inflation, politiques monétaires accommodantes… et donc très peu de hausse des taux. Bref, un cocktail idéal pour les marchés. L’année 2018 s’annonce un peu plus compliquée et il conviendra d’être plus sélectif, même si les tendances de fond positives sont encore puissantes.

Dans un environnement de croissance soutenue, les scénarios de déflation s’éloignent naturellement. Même si l’inflation est toujours modérée pour l’instant, il est difficile d’imaginer une nouvelle baisse des taux d’intérêt dans le contexte actuel. Il reste donc le scénario de stabilisation ou de remontée des taux. Nous optons pour une voie mixte, à savoir une remontée très progressive des taux obligataires.

D’un point de vue économique, l’année 2018 s’annonce semblable à 2017 : la croissance est solide, synchronisée et peu volatile. La croissance mondiale est ainsi attendue à 3,6 %, avec un niveau de crédibilité élevé.

Aux Etats-Unis, le chemin semble bien balisé : 3 hausses des Fed funds de 0,25 % durant l’année 2018 les porteront à un niveau de 2 %/2.25 %, ce qui est très bas pour une fin de cycle.  Nous pensons que la partie courte de la courbe des taux ne devrait pas trop bouger et que les taux à 10 ans pourraient se situer autour de 3 % à la fin de l’année.

La BCE ne devrait pas modifier le niveau des taux directeurs dans les prochains six à douze mois, et l’annonce d’une réduction de la politique d’achat de titres est déjà dans le marché.

Dans ces conditions, il n’y a plus de potentiel de détente de spreads d’une façon générale, ni sur le gouvernemental, ni sur le crédit, qu’il soit investment grade ou high yield. Nous avons commencé à voir sur le marché quelques titres trop endettés durement sanctionnés, ce qui illustre le fait que l’asymétrie de ces investissements est désormais « dans le mauvais sens ».

Il reste de la valeur sur la dette émergente en devises locales. Nous aimons toujours les obligations convertibles, surtout européennes encore une fois, pour leur convexité intéressante aux niveaux actuels.

Sur les actions, Wall Street a, cette année encore, surpris avec une progression de près de 20 %, ce qui est presque deux fois celle des bénéfices des entreprises, et tout le monde se pose la question de savoir si on est dans une phase de bulle boursière : sur les 5 dernières années, la performance de l’indice S&P 500 est de près de 18 % en moyenne. La valorisation du marché dans son ensemble a en effet encore monté, et ce après presque 9 ans de marché haussier. Les bénéfices attendus en 2018 par l’indice S&P 500 s’étalent entre 145 et 150 dollars suivant l’adoption ou non d’un plan de réduction des impôts, ce qui donne un PER 2018 autour de 18 sur les cours actuels. Le niveau absolu de valorisation n’a jamais donné de signal fiable de retournement de marché, et la faiblesse des taux d’intérêt peut justifier des valorisations plus élevées. Mais il est clair que désormais, le potentiel des actions US semble limité. Nous pensons qu’elles pourraient progresser légèrement de l’ordre de 5 % sur l’année, compte tenu du contexte macroéconomique favorable et avec un scénario de hausse modérée des taux d’intérêt. Les actions européennes devraient faire mieux. Elles sont désormais nettement moins chères (PER de l’ordre de 15), avec des progressions de bénéfices attendues à +10 % également cette année et un rendement des dividendes significatif de plus de 3 %. Elles ont à notre avis un potentiel de progression de l’ordre de 10 % au cours des prochains mois, et cette performance sera plutôt réalisée au cours du premier semestre selon nous.

Les actions émergentes ont bénéficié de flux d’investissements positifs cette année, particulièrement en provenance d’investisseurs américains qui étaient sous-pondérés en début d’année. Ces flux devraient se maintenir : il s’agit souvent de mouvements longs et les valorisations / perspectives des marchés émergents dans leur ensemble restent attractives.

En synthèse, les conditions financières et économiques restent très favorables, même s’il commence à y avoir un certain nombre d’actifs surévalués (crédit, actions US…) et que ce scénario est très consensuel. Mais il semble clair et crédible. Les marchés actions devraient ainsi être encore bien orientés, surtout durant la première partie de l’année où la thématique de la réduction des bilans des banques centrales ne devrait pas être le sujet majeur. Les actions européennes pourraient bénéficier de leur « retard » par rapport aux actions américaines et un potentiel d’appréciation de l’ordre de 10 % nous semble tout à fait possible.