L'Avis d'ETFinances

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Le contexte actuel est propice à la formation de bulles grâce à l’action des banques centrales. Déjà, l’immobilier à Londres ou certains compartiments du marché obligataire en portent les caractéristiques. Sur les actions, le potentiel ne semble pas épuisé, en particulier dans les pays périphériques de la zone euro où le redressement des marges reste à venir. Plus que la liquidité actuelle fournie par des banques centrales soucieuses de conjurer le risque déflationniste, c’est l’anticipation de leur action qui peut accélérer une tendance (ou la retourner).

En effet, la croissance économique mondiale semble « capée » en dessous de son potentiel. D’un point de vue négatif, dans un monde à faible croissance, les entreprises auront des difficultés à délivrer des résultats en hausse soutenue. En revanche, une moindre cyclicité économique permettra une meilleure visibilité tant sur les bénéfices que sur la politique monétaire. Cette situation devrait mériter une valorisation plus élevée des actions à moyen terme. Celle-ci est, au pire, dans le cas des Etats-Unis, légèrement surévaluée.

A plus court terme, disons à un horizon de 1 mois à 4 mois, il semble raisonnable de revenir à une allocation plus neutre. Le positionnement actuel des investisseurs risque de décupler l’effet d’une nouvelle modifiant les anticipations de croissance ou de politique monétaire.

En effet, il nous semble que le niveau de confiance atteint par les investisseurs peut être interprété désormais comme une fragilité à venir des marchés financiers :

- Les indicateurs de confiance américains, tant des particuliers, que des conseillers ou des traders, flirtent avec les plus hauts depuis dix ans.

- La volatilité de toutes les classes d’actifs est basse, voire au plus bas historique. Ces niveaux masquent le risque réel des marchés, encouragent la prise de risque et le levier qui sont déjà très élevés.

- Le marché a su surmonter plusieurs difficultés (ralentissement de la croissance, géopolitique…) car elles ne remettaient pas en cause le principal moteur de la hausse : la politique monétaire. Cela a donné un sentiment d’insubmersibilité des marchés « à risque ».

- Small caps, biotech US, internet, pays du Golfe : la performance des thèmes, en vogue en début d’année, s’est détériorée. D’un point de vue fondamental, quels sont les facteurs en mesure de modifier les anticipations de croissance ou de politique monétaire ?

- La problématique géopolitique est omniprésente. Selon nous, les tensions qui portent le risque le plus lourd de conséquences est sans conteste ceux entre la Chine et ses voisins. Le dernier stigmate est la décision historique du Japon d’autoriser son armée à intervenir hors des frontières du pays. A plus court terme, c’est la situation en Irak qui inquiète. L’Irak est le deuxième producteur de pétrole au sein de l’Opep. Selon les estimations de l’Agence Internationale de l’Energie, le pays devrait contribuer à la moitié de l’augmentation de la production de pétrole d’ici à la fin de la décennie. Si les conditions se dégradent, cela va sembler rapidement optimiste. L’Arabie saoudite n’a pas suffisamment de capacité pour remplacer la production irakienne. Dans un tel scénario, une hausse des cours du pétrole de 20 dollars à 40 dollars est possible.

- Le risque d’une inflexion du ton des banques centrales ne doit pas être écarté. En effet, les investisseurs ont tellement été biberonnés à la liquidité et les théories inflationnistes, selon lesquelles l’inflation provient des excès de monnaie, ayant été rangées au placard à tort ou à raison, que toute surprise à caractère inflationniste aurait des conséquences douloureuses pour les placements en actions et obligations. Déjà, les salaires donnent des signes de vigueur aux Etats-Unis. Le taux de chômage risque de passer sous la barre des 6 % cet été. Ce sera l’occasion, pour les partisans d’un resserrement monétaire, de donner de la voix. De son côté, la banque centrale anglaise a trouvé « quelque peu étonnante » la « faible probabilité » intégrée dans les marchés d’une hausse des taux cette année.La correction attendue ne signifiera pas la fin du cycle de hausse mais une pause qu’il conviendra de mettre à profit. D’ici là, nous préférons préserver une poche de monétaire.

 

Principaux points forts du marché

- J. Yellen et M. Draghi seront durablement accommodants

- Une économie moins cyclique mérite une meilleure valorisation

- Les autorités chinoises sont maintenant plus préoccupées par le soutien de l’économie

Principaux points faibles du marché

- Consensus trop optimiste

- Situation en Irak et relation entre la Chine et ses voisins

- Demande de crédit réduite pour assurer une véritable accélération économique

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 18/07/14 à 18h00

CAC 40:   4.335 / +0,92 %

DJ EuroStoxx 50:  3.167 / +1,78 %

DAX 30:  9.720 / +1,76 %

FTSE 100:  6.749 / +0,01 %  

S&P 500:  1.972 / +6,74 %

Dow Jones:  17.074 / +3,00 %

Nasdaq Composite:  4.413 /+5,67 %

Nikkei 225:  15.215 / -6,60 %