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L’avis de WiseAM

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L’écart entre les actions américaines et les actions européennes s’est une nouvelle fois creusé au cours du dernier mois. Si le Nasdaq 100 a franchi un nouveau record, le Stoxx 600 est resté proche des niveaux atteints lors de la prise de bénéfices de ce début d’année. Les actions émergentes occupent une situation inter­médiaire. La vigueur de l’économie américaine et le dynamisme des Gafa nourrissent les attentes des bénéficiaires et viennent soutenir les valeurs technologiques. L’ensemble des marchés actions (Europe et émergents) devraient néanmoins bénéficier à court terme du rebond des indices américains.

La hausse des taux longs qui avait initié la prise de bénéfice en janvier-février ne semble plus de mise. Le dix ans américain plafonne à 2,9 %. De manière singulière, le cycle économique actuel ne génère pas encore de tensions inflationnistes. En dépit d’un taux de chômage réduit, à 4 %, les salaires progressent peu (+2,5 % en 2017 pour l’Employement Cost Index). Même si les gains de productivité sont particulièrement faibles (+1,0 % sur un an), l’impact sur les coûts unitaires du travail est limité (+1,5 %). De fait, l’inflation sous-jacente (hors composantes volatiles) est réduite à +1,8 % sur un an. Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter. Et quand bien même l’inflation atteindrait les 2,5 %, la Fed pourrait accepter un léger et transitoire dépassement des 2 %. L’enjeu pour la Fed est de convaincre les marchés (obligataires) que l’objectif des 2 % à long terme est tenu. En zone euro, la BCE se veut rassurante sur sa stratégie de normalisation en indiquant que les conditions d’un resserrement au-delà de la fin de son programme d’achat d’actifs ne sont pas encore réunies.

Ce contexte est favorable aux foncières de la zone euro, dont les niveaux de valorisation sont attractifs. L’indice Stoxx Europe des foncières affiche un prix sur actif net égal à 1,0, un ratio de cours sur bénéfices (PE) de 18,1 sur les résultats 2018 attendus, un rendement des dividendes de 4,1 % et une croissance des bénéfices attendue de 3,7 % par an sur les cinq prochaines années (source : Bloomberg). Elles justifient une thématique d’investissement à part entière au sein des actions européennes. Elles avaient été fortement pénalisées par le mouvement de hausse des taux longs au cours des six derniers mois. Cette baisse des prix, couplée à davantage de stabilité sur le marché obligataire, devrait inciter les investisseurs à revenir sur cette thématique.

La hausse de l’euro a été interrompue par la communication de la BCE, rassurante sur la poursuite d’une politique accommodante. Sans doute, les élections italiennes ont-elles également pesé sur la devise européenne. Les actions européennes devraient profiter de cette stabilité retrouvée de l’euro pour combler leur retard. Notons que les taux américains offrent un surcroît de rendement de 200 points de base par rapport aux taux de la zone euro. Cet écart devrait, à terme, inciter les cambistes à favoriser le dollar.

Le JPYUSD, qui a bénéficié de la hausse de la volatilité en janvier et février, a poursuivi sa progression sur l’idée que la Banque centrale du Japon (BOJ) mettrait un terme à sa politique monétaire ultra-accommodante. Eu égard à l’amélioration des conditions économiques, la tendance pourrait se poursuivre. Le JPY présente également l’avantage d’être une valeur refuge dans les phases de hausse de la volatilité. Par contre, l’évolution de la parité GBP/EUR est devenue plus incertaine, au gré des difficultés sur la mise en place du Brexit.

Les positions prises par Donald Trump sur les droits de douane semblent relever davantage d’une posture pour obtenir de meilleures conditions lors de négociations que d’un réel risque pour le commerce inter­national.

Dans cet environnement plutôt favorable aux marchés à risque, les investisseurs doivent néanmoins être attentifs à deux indicateurs. D’une part, le marché high yield est un indicateur avancé du retournement des cycles financiers : après avoir atteint des taux planchers en 2017 (inférieurs à 2 %), les rendements ont amorcé une remontée sur les premiers mois de 2018 (2,8 % à ce jour). D’autre part, les valeurs techno­logiques doivent impérativement valider les hypothèses de croissance sur leurs résultats pour justifier de tels niveaux de valorisation (PE de 27 sur les résultats passés).

 

Principaux points forts du marché

  • Des résultats d’entreprises qui progressent
  • Le rattrapage des actions européennes et émergentes
  • Une politique monétaire toujours bienveillante

 

Principaux points faibles du marché

  • Des valorisations tendues sur les valeurs technologiques
  • Des taux high yield en hausse
  • Forte sensibilité des marchés aux chiffres d’inflation