L'avis de Twenty First Capital

Après la violente correction des marchés, les valorisations des actions sont redevenues très attrayantes d’après notre modèle d’évaluation des marchés qui procède d’une actualisation des cash-flows futurs des sociétés, compte tenu de la croissance toujours soutenue des bénéfices des entreprises.

Cette correction a été due à un ensemble de facteurs défavorables difficiles à appréhender :
•    La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ;
•    Les incertitudes liées au Brexit ;
•    Les dérives budgétaires de l’Italie et sa confrontation avec l’Union Européenne ;
•    La hausse des taux à court terme et à long terme aux États-Unis ;
•    Le ralentissement de l’économie mondiale qui en résulterait.

La baisse des marchés illustre surtout l’extrême nervosité des investisseurs qui, à la moindre mauvaise nouvelle, liquident leurs positions sans état d’âme. Cette correction s’est ainsi propagée à l’ensemble des marchés, des secteurs et des zones géographiques, jusqu’aux petites et moyennes valeurs.

Pour tenir compte de cet environnement anxiogène, nous avons remonté à 4 % la prime de risque de notre modèle d’évaluation des marchés financiers, qui préconise toujours d’investir en actions : les actions américaines seraient d’après notre modèle surévaluées de seulement 3 %, tandis que les actions françaises et européennes seraient respectivement sous-évaluées de 10 % et 13 %.

Nous estimons ainsi que cette correction constitue une belle opportunité d’investissement. Les raisons qui ont provoqué la baisse des marchés pourraient d’ailleurs susciter un rallye de fin d’année en cas d’amélioration. Or, un accord pourrait être trouvé sur le Brexit avant la fin de l’année ; l’Union Européenne pourrait calmer le jeu avec l’Italie avant les prochaines élections européennes ; la hausse des taux américains pourrait se stabiliser au gré du ralentissement de l’économie mondiale, sans pour autant craindre une récession en 2019 ; nous n’excluons pas aux États-Unis une décélération de l’inflation compte tenu de la baisse des prix à l’importation, de la baisse du dollar canadien et du yuan.
Nous envisageons ainsi de renforcer la part des actions dans nos portefeuilles du fait de valorisations redevenues attrayantes, surtout en Europe où le rendement des dividendes peut atteindre plus de 5%. Les entreprises européennes devraient bénéficier de la poursuite de la reprise économique au vu des indicateurs économiques avancés toujours bien orientés quoiqu’en décélération, d’une politique monétaire toujours accommodante, et ce, jusqu’au moins 2019, ainsi que de la forte hausse du dollar contre euro. En particulier, le potentiel de performance des petites et moyennes valeurs françaises n’a jamais été aussi élevé depuis 2008, du fait de l’amélioration continue de leurs fondamentaux, de leur moindre dépendance au commerce extérieur et de leur valorisation qui est encore loin de refléter la forte croissance de leurs bénéfices. La correction généralisée des marchés émergents constitue également d’après nous une opportunité pour commencer à revenir sur les marchés asiatiques et tirer parti de la sous-évaluation à la fois des actions et des devises locales dans un contexte de croissance économique toujours soutenue en Asie en dépit du ralentissement de l’économie chinoise. Depuis son point haut en janvier dernier, l’indice MSCI des marchés émergents a chuté de 22 %, bien plus que la baisse de 15 % enregistrée dans le sillage de la fin de la politique monétaire quantitative de la Fed en 2013. Les actions des pays émergents se traitent désormais en-dessous de leur moyenne de long terme en termes de PER et avec une décote de 30 % par rapport aux actions des pays développés. De surcroît, la volatilité implicite des devises émergentes a culminé et a retrouvé ses plus hauts niveaux atteints lors de la dernière crise de la zone euro.
Dans un souci de diversification, nous privilégions enfin les obligations d’entreprises européennes dont le rendement est également redevenu attrayant après la dernière correction : le rendement des obligations high yield en euros peut désormais atteindre 5 %.

Points forts :
Des niveaux de valorisation plus attrayants
La hausse du dollar
La croissance des bénéfices toujours soutenue 
Points faibles :
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine
Le ralentissement de l’économie chinoise
La hausse des taux aux États-Unis