Portefeuilles types

L'Avis de Swiss Life AM

Après la BCE, c’était au tour de la Fed de se réunir le 20 mars. Les investisseurs attendaient un discours similaire à celui de la banque centrale européenne, inscrit dans une vision plus accommodante. Le message s’est révélé encore plus conciliant que prévu, la Réserve Fédérale américaine rappelant aux investisseurs les risques qui pèsent sur la croissance mondiale. Du côté européen, la reprise est plus molle que prévu. L’annonce d’une baisse de la production industrielle allemande de 0,8 % en janvier a montré que le moteur de la zone (30 % de son PIB) connaissait des ratés, pour cause d’exportations en berne. Il y aura donc moins de croissance en 2019 et 2020, annonce Mario Draghi, en raison des incertitudes géopolitiques, et il repousse à mi 2020 au plus tôt cette hausse des taux que les marchés attendent tant, car elle marquerait à leurs yeux la sortie de crise.
 Toutefois, la zone Euro, où les valorisations sont plus basses qu’aux Etats-Unis, peut apporter des surprises positives à l’avenir, avec un effet également sur les marchés.
 La banque d’Angleterre a laissé les taux d’intérêts inchangés face à l’incertitude du Brexit. Tous les scénarii sont encore possibles même si une sortie sans accord au 29 mars a été évitée.
 Toutefois, les parlementaires britanniques ont exprimé à la fois leur refus de l’accord existant, et celui d’une sortie sans accord de l’Union Européenne. Ainsi le Parlement pourrait prendre le contrôle effectif du processus du Brexit, bien que la voie du consensus reste floue. Pour l’heure, la situation au Parlement est plus qu’indécise, avec une Theresa May extrêmement fragilisée qui a mis sa démission dans la balance pour tenter d’obtenir un accord. De leur côté, pour éviter le « no deal », les Européens semblent prêts à accorder au Royaume-Uni un délai supplémentaire. Cependant, la durée du report et ses clauses restent à déterminer. Bien que les incertitudes sur le sujet planent, les investisseurs ont gardé la tête froide, et l’hypothèse d’un « no deal » leur semble peu probable.
 Sur le plan des négociations commerciales, la rencontre entre les présidents américain et chinois initialement annoncée en mars devrait être repoussée au mois d’avril. Le principe de ce sommet, destiné à sceller le nouvel accord entre les deux pays, n’a pas été remis en cause ; les discussions auraient simplement pris du retard. Mais même si aujourd’hui la conclusion d’un accord semble relativement probable avec une fin de la guerre commerciale plutôt favorable pour le libre-échange entre les deux pays, il reste encore beaucoup d’incertitudes. Vigilance et prudence restent donc de mise pour les investisseurs.
 Comment avons-nous fait évoluer les portefeuilles ? Nous continuons à penser que les actions présentent le ratio rendement-risque le plus attractif des classes d’actifs. Dans un environnement où les banques centrales sont très accommodantes, notre positionnement reste surpondéré en actions américaines et neutre pour les actions de la zone Euro. Du côté des actions britanniques, nous n’attendons pas d’impact très significatif sur les grandes capitalisations, mais plutôt pour les moyennes et petites entreprises. Malgré notre vue positive, nous nous sommes préparés à des retracements inattendus qui, selon nous, ont une probabilité élevée d’intervenir. Ainsi, cette anticipation nous encourage à investir une partie significative de notre portefeuille dans des stratégies à risque contrôlé comme le « minimum variance » ou les actions couvertes. Dans la poche obligataire, nous restons sous sensibles aux risques d’une hausse des taux d’intérêt car nos modèles voient un potentiel d’une augmentation légère après la baisse récente. Tactiquement, l’allocation au crédit est également inférieure à celle de l’allocation stratégique. Ceci est dû à la faible attractivité générale des actifs obligataires dans un environnement de taux toujours très bas, à des écarts de crédit très réduits avec un potentiel élevé d’écartement futur et à un risque d’illiquidité plutôt fort. Ces derniers temps, nous avons conseillé à nos clients de conserver des obligations d’Etat dans les portefeuilles multi-actifs car elles restent, à notre avis, un élément important pour gérer le risque du portefeuille. C’est la raison pour laquelle nous privilégions dans cette poche principalement des pays avec une excellente notation. Swiss Life AM


Principaux points forts

• Le taux de chômage est historiquement bas aux Etats-Unis et le salaire horaire moyen a nettement accéléré ces derniers mois
• Le rythme de croissance reste important, notamment dans les émergents
• Face à l’incertitude, la BCE a annoncé la mise en place d’une nouvelle vague de TLTRO

Principaux points faibles 

• En faveur d’un statu quo, la Fed n’envisage pas de retour à la situation pré-crise
• L'économie américaine continue de ralentir
• Les situations politiques telles que le Brexit et les tarifs douaniers américains maintiendront une incertitude élevée