L'Avis de Swiss Life AM

Après une fin d’année 2018 mouvementée, les marchés financiers ont connu un début d’année fortement positif. En Europe, les marchés actions ont rebondi d’un peu plus de 9,95 % et de plus de 11,53 % aux Etats-Unis. La zone émergente signe aussi une forte hausse avec une performance de 8,99 %. Le niveau de croissance mondiale, certes en ralentissement, n’indique toutefois pas une récession pour 2019 ; d’autant que les résultats des entreprises restent solides.
Le changement de ton du président de la Réserve Fédérale américaine, devenant plus accommodant, a été l’un des éléments déclencheurs du rebond constaté au début de l’année. La reprise des négociations plus constructives entre la Chine et les Etats-Unis a également fait naître des espoirs sur la fin des tensions commerciales. Ainsi, les marchés se montrent robustes en dépit de l’attentisme qui prévaut autour du Brexit, du « Trump show » et des négociations commerciales. Ceci souligne, selon nous, que les bourses mondiales corrigent progressivement l’excès de pessimisme observé en fin d’année. Le sentiment de marché s’améliore nettement et on assiste au retour de l’appétit pour le risque de la part des investisseurs.
  Aux Etats-Unis, Donald Trump est revenu à la charge à propos des automobiles importées aux États-Unis et envisage une taxe de 25  % mettant ainsi l’Union européenne sous pression. Ajoutons que le retard probable des remboursements d’impôts cette année pourrait encore freiner la croissance du premier trimestre. De bonnes nouvelles cependant puisque l’économie américaine a bien terminé 2018 et l’enthousiasme du marché est resté plus marqué que nous ne l’attendions pour 2019. Nous pensons toujours que les probabilités de récession sont faibles aux Etats-Unis en 2019 au vu d’un marché du travail toujours très dynamique et de la volonté affichée de la Réserve fédérale d’adopter une attitude plus prudente. Nous prévoyons globalement une tendance ascendante très graduelle de l’inflation sous-jacente, liée à l’effet de la hausse des salaires sur les prix des services. L’inflation totale et sous-jacente restera toutefois largement dans la zone de confort de la Fed, qui aura donc toute latitude pour mener sa politique monétaire.
  Sur la zone euro, les chiffres macroéconomiques décevants reflètent-ils uniquement des problèmes internes ou bien un ralentissement mondial ? Telle est, outre les problèmes politiques non résolus de l’UE, la question qui sous-tend toutes les tentatives de prévisions pour la zone euro. De nouveaux facteurs de hausse de l’inflation sous-jacente sont apparus dernièrement et l’accélération de la dynamique des salaires dans toute la région a entraîné courant 2018 un relèvement à 1,5 % de notre indice d’inflation d’origine intérieure, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis 2012.
Enfin, nous ne pouvons ni anticiper l’issue du débat sur le Brexit à la chambre des Communes, ni deviner à quelle souplesse consentira l’Union européenne pour prolonger les négociations, mais nous déduisons des événements récents que personne n’aspire à un Brexit sans accord de la part de Theresa May et qu’une proportion non négligeable de membres de l’UE sont prêts à prolonger le délai au-delà du 29 mars.
  Au vu de notre analyse économique et de nos indicateurs quantitatifs, nous restons positifs dans nos allocations tout en conservant un positionnement plus prudent en Europe et un peu plus agressif côté US et pays émergents. Nous maintenons nos stratégies actions avec risque contrôlé.
  Dans la poche obligataire, nous préconisons toujours des durations courtes. Même si elles ne génèreront pas des performances élevées, les obligations d’État restent à notre avis un élément important pour gérer le risque du portefeuille. C’est la raison pour laquelle nous privilégions dans cette poche principalement des pays avec une excellente notation. Les obligations d’entreprises restent aussi une source de diversification même si nous les utilisons de façon plus prudente qu’auparavant dans un souci de liquidité du marché surtout en cas d’avènement d’une crise inattendue. Les investissements dans des actifs alternatifs ont bien récupéré au début de l’année et nous comptons sur leur contribution de performance pour compenser partiellement le manque de rendement de la poche obligataire.


Point forts :

• L’inflation totale recule, mais l’inflation sous-jacente reste en hausse
Ton plus accommodant de la Fed et l’espoir d’une résolution du conflit commercial sino-américain
La BCE a réitéré sa position accommodante lors de sa réunion de janvier

Points faibles :

Un Brexit « à l’aveugle » 
Une situation politique qui ne s’améliore pas en zone euro
Les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis pourraient alimenter la volatilité des marchés