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L'avis de Swiss Life AM

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Le début d’année 2018 avait pourtant commencé sur une note positive, probablement encore dans le sillage des gains enregistrés en 2017, traduisant selon nous un excès d’optimisme ! Mais à partir de la fin du mois de janvier, les investisseurs ont commencé à réaliser que les banques centrales allaient se retirer des marchés et aussi resserrer le niveau des taux d’intérêt.
 Le forum économique mondial de Davos qui s’est traduit par la mise en place de barrières douanières entre la Chine et les USA a fait monter les inquiétudes d’une guerre commerciale mondiale. De plus, les tensions politiques au sujet du budget italien ont fait craindre un éclatement de la zone euro, l’impact d’un Brexit sur l’économie et sur la politique en Europe a également été au cœur des débats. Les marchés ont ainsi connu une phase de volatilité plus importante durant l’année 2018. Les bourses mondiales ont corrigé jusqu’à 10 % selon les indices. Même la fin d’année, période généralement porteuse pour les investisseurs, n’aura pas été de tout repos.
La hausse de volatilité sur les marchés d’actifs risqués s’est reflétée aussi sur le marché des obligations d’entreprises avec un creusement des écarts de rendement, et un recul des taux d’intérêt dans un contexte de défiance croissante face au risque.
 Le cycle de resserrement des taux de la Réserve fédérale américaine a durci les conditions de financement des entreprises comme celles des ménages. Le taux d’intérêt moyen des prêts hypothécaires à 30 ans à taux fixe (le type d’emprunt le plus répandu pour l’achat de logements en outre-Atlantique) a récemment atteint près de 5 %, du jamais-vu depuis 2011. La hausse des derniers trimestres s’est ressentie sur le marché américain des logements : les perspectives du secteur du BTP se sont dégradées et les indicateurs d’activité comme les mises en chantier ou les ventes de logements stagnent, voire s’inscrivent en baisse.
L’inflation totale américaine a passé son pic et s’effondre sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie, un effet de base qui devrait perdurer en 2019 et maintenir l’inflation totale en dessous de 2 % pour l’essentiel de l’année. Entre-temps, les chiffres de novembre ont confirmé, comme nous le pensions, le caractère temporaire de la faiblesse de l’inflation sous-jacente, qui s’est redressée dans le sillage des prix des voitures d’occasion, des coûts d’habitation et des dépenses de santé. Les salaires devant continuer de croître dans un contexte de tension du marché du travail, et l’inflation sous-jacente devrait donc progresser encore modérément l’an prochain.
 Dans la zone Euro et surtout en France, l’année 2018 avait commencé dans l’euphorie et s’achève sur fond de problèmes croissants. Après l’aboutissement fructueux des premières tentatives de réformes économiques d’Emmanuel Macron malgré les grèves, la vague d’opposition désordonnée à l’augmentation des prix des carburants a contraint le gouvernement à s’incliner devant les « gilets jaunes » et à abandonner son projet, ce qui fragilise sa position pour ses prochains chantiers.
 Il y a tout à parier que les élections européennes de mai tourneront au référendum pour ou contre la totalité du programme de réformes du président français. Les dernières statistiques économiques n’augurent rien de bon : l’amélioration du marché du travail reste marginale et procède davantage de la reprise mondiale que des mesures de réforme. Ces douze derniers mois, le taux de chômage a reculé tout aussi rapidement, voire plus vite, dans d’autres pays de la zone euro. Contrariété supplémentaire pour Emmanuel Macron, l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier est tombé sous la barre des 50 points qui sépare la croissance de la récession pour la première fois depuis septembre 2016. L’évolution récente des prix du pétrole confirme notre hypothèse selon laquelle le pic de l’inflation totale de la zone euro n’était que temporaire : la BCE n’est donc pas pressée d’accélérer la normalisation de sa politique monétaire.  
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Principaux point forts
Le risque d’inflation est écarté par la forte dépréciation du prix du pétrole 
Après la correction récente sur les marchés actions, les valorisations sont redevenues réalistes
Le resserrement monétaire stabilise la situation économique des pays émergents

Principaux point faibles 
Perspective d’une moindre liquidité procurée par les banques centrales 
La nouvelle année commencera avec une bonne dose d’incertitudes politiques et économiques
Le recul de l’inflation laisse prévoir un report de la normalisation monétaire en Europe, ce qui pourrait laisser une marge de manœuvre très faible à la BCE dans le cas d’un ralentissement économique dans les deux trois prochaines années