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L'Avis de Neuflize OBC

Neuflize OBC

Finalement, depuis le début de l’année, personne n’a tort dans ses choix d’allocation d’actifs. Les obligations d’Etat affichent des performances très satisfaisantes, comprises entre +9 % pour les obligations des pays émergents et +3,2 % pour celles des Etats-Unis, l’Europe s’intercalant entre les deux avec une progression supérieure à 7 %. La classe crédit des entreprises, en particulier celles à haut rendement, offre des rendements proches. Les marchés d’actions mondiaux progressent de près de 6 % (en euros), le marché américain caracolant encore en tête, le marché japonais digérant les effets secondaires de la politique mise en place par la banque du Japon et le gouvernement Abe, à savoir une forte volatilité économique. Les matières premières progressent, quant à elles, de plus de 10 %.

Ce résultat s’explique par un cocktail détonant d’une croissance suffisamment forte pour soutenir les résultats des entreprises américaines et l’appétit des investisseurs pour cette classe d’actifs, mais suffisamment modeste pour que persiste un risque de déflation, en particulier en zone euro. Dès lors, les banques centrales sont incitées à normaliser très progressivement leur politique monétaire (Fed et BOE) ou à prendre d’autres mesures de soutien (BCE), ce qui bénéficie à la classe Taux dans son ensemble. Enfin, la perspective d’une accélération de l’activité dans les pays développés et la résurgence du risque géopolitique génèrent des tensions sur les prix de l’énergie.

Ce paradigme est-il soutenable ? Probablement pas… Une accélération de la croissance des pays développés poserait avec davantage d’acuité la problématique de la normalisation de la politique monétaire américaine. Il s’en suivrait un processus d’ajustement de l’environnement des taux d’intérêt, en particulier aux Etats-Unis où le taux à 10 ans repasserait au-dessus de 3 %. Les conséquences en zone euro seraient moins fortes grâce à la politique de forward guidance de la BCE. Mais, in fine, les obligations d’Etat rendraient une partie de leurs gains accumulés depuis le début de l’année. Le crédit des entreprises serait affecté : la volatilité augmenterait sur cette classe d’actifs aujourd’hui correctement valorisée. Enfin, les marchés d’actions poursuivraient leur progression, probablement après avoir digéré une phase de volatilité, corollaire de la normalisation de l’environnement de taux.

Inversement, la persistance ou l’accroissement du risque de déflation résulterait de la faiblesse de l’économie mondiale. Elle remettrait en cause les perspectives de croissance des bénéfices des entreprises et poserait la question de la juste valorisation des marchés d’actions. Le crédit des entreprises, de par sa corrélation à la classe actions, souffrirait d’une volatilité plus importante. Enfin, les obligations d’Etat les plus sécurisées – Allemagne et Etats-Unis – profiteraient d’un mouvement de flight to quality. Les matières premières seront, quant à elles, dépendantes du facteur géopolitique, le risque tenant dans sa capacité à faire basculer le scenario dans un sens ou dans l’autre.

Pour l’instant, nous privilégions toujours le scénario d’une légère accélération de la croissance mondiale, soutenue par l’expansion chaotique de la croissance américaine et la reprise poussive de la zone euro. L’activité dans les pays émergents devrait enfin se stabiliser après plusieurs trimestres de ralentissement. Cet environnement conduira la Banque centrale américaine à poursuivre son effort (très) progressif de normalisation de son environnement monétaire et la BCE à lutter contre ses conséquences pour la zone euro. Par conséquent, notre allocation d’actifs privilégie toujours les actifs risqués et, en particulier, les actions et le crédit des entreprises. Au sein de la première, notre préférence pour les actions européennes et, dans une moindre mesure, américaines  demeure  inchangée. Nous restons à l’écart des marchés émergents : certes, les valorisations apparentes sont attractives mais la dégradation du régime économique de cette zone pose la question de la rentabilité normative des entreprises y opérant. Au sein de la classe Taux, nous privilégions principalement le crédit des entreprises à haut rendement et les obligations à moyen terme des pays périphériques.

 

Principaux points forts du marché

Accélération cyclique dans les pays développés

Politiques monétaires accommodantes

Actifs risqués soutenus par la recherche de rendement

Principaux points faibles du marché

Normalisation de la politique monétaire américaine

Valorisations normalisées sur plusieurs classes d’actifs

Risque géopolitique (Irak, Asie, Ukraine)

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 7/07/14 à 17h20

CAC 40   4.409 / +2,65 %

DJ EuroStoxx 50  3.235 / +4,06 %

DAX 30  9.916 / +3,81 %

FTSE 100  6.819 / +1,04 %

S&P 500  1.976 / +6,95 %

Dow Jones  17.001 / +2,57 %

Nasdaq Composite  4.457 /+6,73 %

Nikkei 225  15.379 / -5,60 %