Portefeuilles types

L'Avis de Montpensier Finance

Malgré des niveaux historiques pour de nombreuses places boursières, et principalement aux Etats-Unis, les actions ont poursuivi leur progression depuis la rentrée. Plusieurs évènements ont soutenu la hausse des marchés : le discours très accommodant de Mario Draghi lors de la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du mois d’octobre, le vote du budget américain qui pourrait peut-être enfin permettre à Donald Trump de lancer sa réforme fiscale, la croissance américaine au-dessus des attentes, les bonnes publications de bénéfices des sociétés américaines, la large victoire du Premier ministre Japonais Shinzo Abe aux élections législatives ou encore la réélection de Xi Jinping à la tête du PCC. Dans ce contexte nous avons renforcé nos expositions aux actions au détriment des obligations.

La méthode d’analyse économique et de marché de Montpensier Finance, MMS (Montpensier Market Scan) s’appuie sur 4 piliers.

Pilier 1 : Le momentum économique.

Notre indicateur note les pays de 0 à 1 en fonction d’un certain nombre de statistiques économiques (PIB, PMI, production industrielle, indicateurs de confiance…). A ce stade, l’indicateur de momentum économique Monde se situe à 0,80. L’indicateur du Japon est à 0,91, au plus haut historique et le plus élevé de l’ensemble des zones. En zone euro, l’indicateur est également proche de son plus haut historique à 0,79, avec l’Allemagne à 0,87, l’Italie à 0,82 et la France à 0,76. Les indicateurs des Etats-Unis et de la Chine sont respectivement à 0,85 et 0,71. Le Royaume-Uni affiche le moins bon indicateur, à 0,60 ; cela est notamment dû à la baisse du PIB, des ventes de détail et de l’indicateur de confiance des consommateurs.

Pilier 2 : L’analyse des dynamiques monétaires.

Les conditions monétaires demeurent porteuses. Comme attendu, la normalisation des politiques monétaires sera progressive aux Etats-Unis et clairement expansive en zone euro. En effet, lors de sa dernière réunion, la BCE a décidé de passer le montant d’achat mensuel d’actif de 60 Mds d’euros actuellement à 30 Mds d’euros à compter de janvier et au moins jusque fin septembre 2018 et si nécessaire au-delà. Mario Draghi a par ailleurs indiqué que les taux d’intérêts très bas pourraient rester à ces niveaux bien après la fin du quantitative easing. A l’inverse, la Bank Of England (BOE) a procédé à son premier relèvement de taux depuis 2007, de 25bp, portant son taux directeur à 0,5 %. La BOE a d’ailleurs abaissé sa prévision de croissance pour 2017 à 1,6 % (contre 1,7 % précédemment).

Pilier 3 : Les valorisations des marchés actions.

Au niveau des valorisations, la zone euro et le Japon restent en relatif les régions les plus attrayantes. A l’inverse, aux Etats-Unis, les principaux indicateurs de valorisation se situent à des niveaux historiquement élevés. En zone euro, le PER 12 mois prospectif de l’EuroStoxx est de 15x, proche de sa moyenne historique. Toutefois, compte tenu de la faiblesse des taux, le différentiel de rendement entre les actions et les obligations souveraines allemandes 10 ans est à un niveau historiquement attractif pour les actions de la zone euro. De plus, le momentum de révision des analystes est orienté légèrement à la hausse. Par ailleurs, les résultats du troisième trimestre sont globalement ressortis légèrement au-dessus des attentes.

Pilier 4 : La dynamique des marchés.

En termes de saisonnalité, nous entrons dans une période normalement favorable aux actions. De plus, les liquidités restent importantes au sein des portefeuilles, ce qui pourraient inciter les investisseurs à revenir progressivement vers les actifs risqués.

En conclusion, la vigueur de la croissance mondiale, les conditions monétaires et plus marginalement les valorisations restent plutôt favorables aux actions qu’aux obligations. Au sein des actions, nous favorisons la zone euro et le Japon, qui offrent les valorisations les plus attractives en relatif aux autres zones géographiques, des indicateurs économiques solides, une croissance forte et continue des bénéfices. Nous maintenons notre sous-pondération aux actions américaines, car les valorisations y sont les plus chères. Une relance économique et politique majeure pourrait nous amener à renforcer notre exposition. Au sein de la poche obligataire, nous apprécions les obligations convertibles et plus tactiquement les obligations émergentes de duration courte.

Montpensier Finance

La Française

(10 novembre 2017)

La poche obligataire de nos portefeuilles est donc toujours sous exposée aux taux d’Etat de la zone euro et US, et privilégie les obligations émises par la zone émergente et les obligations corporate et financières. Cela implique mécaniquement une exposition sur les marchés d’actions légèrement en deçà de nos niveaux de neutralité, compte tenu du pilotage du risque que nous pratiquons et parce que les valorisations atteintes par les actions impliquent une sélectivité renforcée. Une consolidation des marchés d’actions ne peut pas être exclue. Elle serait justifiée après deux mois de progression en ligne droite, quelle que soit la zone géographique considérée.

Deutsche AM

(27 octobre 2017)

Nous considérons les actions comme une classe d’actifs particulièrement porteuse. Nous continuons de privilégier les actions de la zone euro. Nous tablons également sur de bonnes performances du côté des actions émergentes et japonaises, mais moins sur les actions américaines. Sur l’obligataire, la dette émergente a notre faveur par rapport à diverses autres classes d’actifs. Nous avons réduit notre exposition à la dette d’entreprise des marchés développés, sur le High yield en particulier. La sensibilité aux taux d’intérêt est également faible. Et l’or reste, selon nous, un élément stratégique en portefeuille pour se couvrir en cas de crise.