Portefeuilles types

L'Avis de Mandarine Gestion

Mandarine Gestion

La croissance américaine a souffert au premier trimestre, comme en témoigne une croissance du PIB à 0,1 % au-dessous des attentes du consensus, principalement   à cause des conditions climatiques, mais les derniers indicateurs d’emploi et d’activité confirment le caractère temporaire de ce ralentissement. Dans le même temps, la Réserve fédérale américaine (Fed) a réaffirmé une sortie progressive de sa politique monétaire non conventionnelle (tapering) et un maintien durable des taux courts proches de zéro. En zone euro, l’amélioration très progressive se poursuit, et on assiste même à de légères révisions de croissance en hausse pour 2014 et 2015. Enfin, si la situation reste disparate dans les pays émergents, elle se stabilise globalement, et la dégradation a cessé. C’est la Banque centrale européenne (BCE) qui, une nouvelle fois, a focalisé l’attention et qui est parvenue à satisfaire les marchés en annonçant… de prochaines mesures à venir. Mario Draghi a ainsi réussi à contenir la force de l’euro par rapport au dollar, à enclencher une nouvelle baisse des taux des pays tant cœurs que périphériques, et à maintenir la confiance des marchés pendant probablement plusieurs mois. Cela lui permettra de plus de prémunir les rendements de la zone euro contre des tensions sur les taux américains qui pourraient survenir à l’approche de la fin du tapering dans une phase de normalisation de la croissance aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, nous accentuons nos positions sur les actions européennes. Si les résultats du premier trimestre souffrent de la force de l’euro, le momentum de révisions baissières semble marquer une inflexion. De plus, les flux restent importants avec le soutien de la politique de la BCE, et les fusions et acquisitions prennent de l’ampleur. Nous renforçons également nos positions sur les actions japonaises couvertes en change. Le marché reste atone, alors que les résultats des entreprises se révèlent favorables, et la Banque du Japon (BoJ) devrait réintervenir dans les prochains mois, alors que le yen s’est stabilisé et que l’effet favorable sur l’inflation s’estompe. Nous conservons le même poids sur les actions américaines en dollars et demeurons toujours à l’écart des actions émergentes : parmi les grands pays, le Brésil reste dans une situation économique compliquée, la Chine a choisi une politique de très petits pas, et la Russie ne semble pas un havre de paix. Le marché indien a fortement rebondi, et la capacité de réformes postélections semble déjà fortement jouée. Alors que les entreprises font face à une productivité toujours déclinante et à une baisse de rentabilité, nous ne voyons pas de catalyseurs à une surperformance des indices.

Nous continuons à privilégier le rendement au sein des obligations, à travers les dettes périphériques, la dette émergente en dollars, que nous renforçons compte tenu de la stabilisation du momentum et du retour des flux acheteurs, et les obligations à haut rendement tant européennes qu’américaines dans une optique de portage plus que de réduction des spreads.

En dehors des actions et des taux, nous affichons toujours un biais haussier pour le dollar face aux devises du G10. L’approche de la fin du tapering et le rattrapage de la croissance au deuxième trimestre nous conforte dans notre position, et, au sein des membres du G10, c’est face à l’euro et au yen que le dollar offre du potentiel à moyen terme, avec la dichotomie à venir entre les politiques de la BCE et de la BoJ d’une part et de la Fed d’autre part.

Globalement, la part de cash dans nos portefeuilles diminue, traduisant un contexte plus favorable au niveau macroéconomique et une diminution du risque politique, Vladimir Poutine semblant vouloir calmer les tensions à l’est. Néanmoins, alors que les marchés ne semblent plus du tout focaliser sur le risque ukrainien, et compte tenu de l’affaiblissement de la volatilité, il nous semble utile et opportun de rentrer des couvertures via des stratégies optionnelles, d’autant plus que les investisseurs semblent globalement optimistes. Les conditions de volatilité de part et d’autre de l’Atlantique permettent ainsi de se prémunir à bon compte contre un regain de stress quelles qu’en soient les causes.

 

Principaux points forts du marché

La croissance économique dans les pays développés

Les banques centrales restent très accommodantes, la BCE et la BoJ sont l’arme au pied

Les flux

Principaux points faibles du marché

La confiance dans les forward guidances pourrait faiblir, notamment après une croissance américaine au T2 plus forte qu’anticipé

Certains pays émergents restent en situation fragile

La hausse a été rapide sur certains actifs, plus rapide que justifié par les fondamentaux

 

Evolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 23/05/14 à 17h00

CAC 40 : 4.485 / +4,42 %

DJ EuroStoxx : 50  3.195 / +2,80 %

DAX 30 : 9.753 / +2,10 %

 FTSE 100 : 6.809 / +0,90 %

S&P 500 : 1.898 / +2,71 %

Dow Jones : 16.592 / +0,10 %

Nasdaq Composite : 4.165 / -0,27 %

Nikkei 225 : 14.462 / -11,23 %