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L'Avis de Mandarine Gestion

Mandarine Gestion

Alors que les indicateurs économiques confirment les prévisions très consensuelles des marchés, ceux-ci restent touchés par quelques éléments exogènes, le dernier en date étant le conflit ukrainien.

Les données américaines récentes montrent une poursuite de l’amélioration de l’emploi, une croissance potentielle un peu moins bonne qu’attendu, mais suffisante. En effet, l’économie américaine est suffisamment robuste pour permettre à Janet Yellen et la Fed d’acclimater les marchés à la prochaine étape de leur programme : la normalisation des taux courts, une fois le tapering arrivé à son terme. En Europe, la situation continue de s’améliorer doucement. Si les données économiques restent molles, le pas de géant fait sur les taux périphériques est un élément important. Côté pays émergents, si la dégradation de la croissance semble arrivée à son terme, les problématiques liées à l’inflation, au climat social, aux élections, aux flux et un manque de catalyseur sont un frein à un retour des investissements. Enfin, concernant le Japon, les derniers éléments ont été décevants, notamment au niveau des hausses de salaires ; la dynamique baissière sur le yen s’étant réduite et la hausse de la TVA étant maintenant effective, la Banque du Japon (BoJ) devrait être amenée à amplifier son programme d’achat d’actifs. A cet égard, on assiste depuis quelques séances à une reprise de la baisse du yen.

Dans ce contexte, nous restons toujours à l’écart des taux américains et de ceux des pays « core » de la zone européenne. De plus, après le très fort rally des dettes périphériques, nous continuons d’alléger nos positions. Les fondamentaux, certes meilleurs, ne se sont pas améliorés aussi rapidement que la baisse de leurs taux. Nous conservons notre position sur la dette émergente en dollars, sur laquelle nous avions trouvé un bon point d’entrée, en revanche nous ne la renforçons pas. Enfin, nous maintenons nos positions sur les obligations haut rendement européennes, qui devraient bénéficier globalement de la politique accommandante de la BCE, et où nous anticipons une poursuite de la baisse du nombre de défauts.

Nous trouvons que l’environnement reste toujours favorable aux actifs risqués, et nous y privilégions les actions des pays développés. Tout d’abord, au vu des éléments énoncés ci-dessus, nous retiendrons les flux et le manque de catalyseur qui font que nous restons à l’écart des actions émergentes. Nous préférons celles des pays développés, au sein desquels notre préférence va à l’Europe, au regard de l’amélioration économique progressive et des marges de la BCE. Ensuite, le Japon continue d’offrir du potentiel, mais cette position est plus tactique et très liée à la décision de la BoJ. Enfin, les Etats-Unis conservent une place de choix dans une exposition aux actions des pays développés, mais moindre, afin de laisser plus de place à l’Europe. A noter que, au vu du fort consensus sur les marchés, nous accordons un poids significatif à l’allocation tactique (gestion des positions).

En dehors des actions et des taux, nous affichons toujours un biais haussier pour le dollar face aux devises du G10. Il s’agit là d’une vue à moyen terme, et la volatilité récente montre peu de dynamique sur cette position. Toutefois, le discours de la Fed nous conforte dans notre position, et au sein des membres du G10, c’est face à l’euro que le dollar offre du potentiel à moyen terme, avec la dichotomie à venir entre les politiques de la BCE et de la Fed.

Au regard de ce scénario, un peu rose, nous notons quelques points faibles. L’un d’eux est la croissance des résultats, qui doivent permettre de maintenir les PE et, mécaniquement, assurer la hausse des cours. Une croissance molle est rarement un cadre où les chefs d’entreprise sont très confiants. Et la baisse des devises émergentes a annulé une partie des résultats du dernier trimestre 2013 et affectera certainement négativement ceux du premier trimestre 2014. Ces deux éléments ont conduit à des révisions négatives des attentes des résultats 2014. Il est nécessaire de scruter cette tendance qui, si elle se poursuit, deviendrait un facteur de remise en question de notre scénario.

 

Principaux points forts du marché

 - La croissance économique se renforce dans les pays développés

- Les banques centrales restent très accommodantes

- En l’absence d’inflation, la pente de la courbe des taux américains est déjà protectrice

Principaux points faibles du marché

- La confiance dans les « forward guidances » pourrait faiblir

- Certains pays émergents sont en situation fragile

- Après la hausse des cours, les marchés européens auront besoin de croissance des résultats pour ne pas être déçus

 

Evolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 16/04/14 à 11h00

CAC 40   4.388 / +2,15 %

DJ EuroStoxx 50  3.124 / +0,48 %

DAX 30  9.263 / -3,03 %

FTSE 100  6.565 / -2,73 %

S&P 500  1.843 / -0,29 %

Dow Jones  16.263 / -1,89 %

Nasdaq Composite  4.034 / -3,41 %

Nikkei 225  14.418 / -11,50 %