L'Avis de Lazard Frères Gestion

Lazard Frères Gestion

Lors des dernières semaines, actions comme obligations ont affiché de bonnes performances. En effet, le contexte a été marqué à la fois par des données économiques plutôt favorables qui ont soutenu les actions et qui, de façon plus surprenante, n’ont pas empêché les taux de baisser. C’est aussi bien aux Etats-Unis que dans la zone euro que les taux longs ont baissé, donc il ne s’agit pas simplement d’une conséquence des inquiétudes croissantes sur une éventuelle déflation dans la zone euro.

Les derniers discours des banquiers centraux ont été plutôt « colombes » mais leur impact a sans doute été amplifié par le fait que les investisseurs s’étaient nettement positionnés au début de l’année pour une poursuite de la remontée des taux et, pris à revers, ont depuis réduit leurs positions.

Enfin, le dernier facteur jouant dans le même sens est l’équilibre de l’offre et de la demande sur les emprunts d’Etat américains actuellement caractérisé par une offre réduite par la baisse du déficit public américain, alors que la demande reste importante du fait de la politique d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale.

Pour autant, l’évolution de l’économie américaine nous invite à maintenir notre sous-exposition aux obligations souveraines des pays de bonne qualité. Après un très mauvais premier trimestre pour cause de météo défavorable notamment, la croissance redémarre avec vigueur, comme en témoigne l’accélération des créations d’emplois. L’inflation commence à se raffermir et si le mouvement se poursuit, elle pourrait revenir autour de 2,0 % plus rapidement qu’actuellement prévu par la Réserve fédérale et par les marchés, ce qui pourrait amener la banque centrale américaine à remonter ses taux plusieurs mois avant la fin 2015.

Dans cette hypothèse, les taux longs devraient remonter et donc pénaliser la performance des obligations. Il est probable qu’un tel mouvement ne se fera pas progressivement mais à la manière de la remontée d’environ cent points de base qui a eu lieu au printemps 2013 lorsque la banque centrale a annoncé envisager la réduction de ses achats de titres. Par conséquent, nous réduisons davantage notre exposition aux taux en basculant une partie de notre exposition aux obligations à haut rendement sur le monétaire.

Dans la zone euro, les indices avancés de l’économie (PMI) demeurent sur leurs points hauts de ces dernières années, à l’exception de la France où les derniers indicateurs ont été plutôt décevants. Le mouvement concerne l’Allemagne mais aussi les pays périphériques où, par ailleurs, les primes de risque se réduisent.

Pour autant, l’inflation reste très basse dans la zone euro, et lors de la conférence de presse du mois de mai, Mario Draghi a quasiment annoncé que la Banque centrale européenne (BCE) prendrait des mesures dès la réunion de juin. Les effets sur la devise n’ont pas attendu puisque l’euro pondéré des échanges commerciaux s’est déjà déprécié de près de 2 % sur la période et le mouvement devrait se poursuivre du fait de l’augmentation à venir des taux aux Etats-Unis.

Nous conservons notre surexposition sur les actions de la zone euro dans la mesure où cette faiblesse de l’euro va soutenir les résultats des entreprises.

Au-delà des effets mécaniques liés aux achats anticipés, l’économie japonaise semble absorber l’augmentation de la TVA, ce qui alimente la confiance de la Banque du Japon (BoJ) sur la conjoncture. Ceci réduit la probabilité d’une extension des mesures exceptionnelles, mais le marché japonais devrait rester soutenu par des valorisations parmi les plus basses parmi les marchés développés.

Les actions des pays émergents ont poursuivi leur rebond. Les élections en Inde ont permis l’émergence d’une majorité de gouvernement pour le BJP, dont le président Modi a pour ambition de libérer la croissance du pays via des réformes.

Par ailleurs, les tensions avec la Russie diminuent depuis que Moscou a reconnu le résultat de l’élection présidentielle du 25 mai.

En Chine, le gouvernement a continué à annoncer des mesures de soutien à l’activité. Le rebond de l’indice PMI en mai tend à montrer que la croissance a peut-être fini de ralentir. Ces améliorations nous amènent à encore augmenter marginalement notre exposition aux marchés émergents.

 

Principaux points forts du marché

- Accélération de la croissance dans les pays développés

- Fort levier opérationnel des entreprises européennes

- Euro en baisse

Principaux points faibles du marché

- Poursuite des révisions en baisse des bénéfices par actions dans la zone euro

- Peu de marges de manœuvre pour les banques centrales émergentes

- Marchés peu préparés à une remontée plus précoce des taux par la Fed

 

Evolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 6/06/14 à 18h00

- CAC 40 :  4.581 / +6,64 %

- DJ EuroStoxx 50 : 3.294 / +5,96 %

- DAX 30 : 9.987 / +4,55 %

- FTSE 100 : 6.858 / +1,62 %

- S&P 500 : 1.947 / +5,38 %

- Dow Jones : 16.901 / +1,96 %

- Nasdaq Composite : 4.317 /+3,37 %

- Nikkei 225 : 15.077 / -7,45 %