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L'Avis de Lazard Frères Gestion

Lazard Frères Gestion

Le mois de janvier avait vu tous les marchés d’actions baisser nettement du fait des inquiétudes sur les pays émergents : celles-ci étaient déjà présentes à cause de la thématique du tapering de la Fed mais elles se sont cristallisées après la publication d’indicateurs décevants en Chine et à la dévaluation du peso argentin. Février a été plus favorable aux actifs risqués mais ce sont principalement les marchés développés qui ont bénéficié de l’amélioration, ceux-ci dépassant leurs plus hauts du début d’année. En revanche, les marchés émergents n’affichent qu’un rebond limité. Du côté des marchés obligataires, les taux américains sont stables après la forte baisse de janvier, les premiers discours de Janet Yellen confirmant le cours pris par la politique monétaire américaine, à savoir la poursuite de la réduction des achats. En revanche, l’éventualité de nouvelles actions de la BCE a pesé sur les taux allemands. Les marges de crédit demandées aux pays périphériques ont continué à baisser sur la période, de même que celles sur les obligations d’entreprises.

Sur le plan de la conjoncture économique, le message reste positif. Si la météo défavorable a pesé sur l’activité économique aux Etats-Unis, elle ne remet pas en cause l’amélioration tendancielle. De plus, le vote par le Congrès d’une suspension du plafond d’endettement pour une durée d’un an réduit fortement l’incertitude politique. Ce contexte va permettre à la Fed de poursuivre la normalisation de sa politique monétaire, ce qui amènera les taux à remonter. Dans la zone euro, le détail du PIB du quatrième trimestre montre que le rebond de la croissance repose sur des moteurs sains ;  l’amélioration des indicateurs économiques (PMI composite au plus haut depuis juin 2011) et le rebond de l’inflation sous-jacente au mois de février devraient amener la BCE à limiter ses interventions, ce qui pèsera également sur les taux de ce côté-ci de l’Atlantique. Du côté des émergents, si l’on n’observe pas vraiment d’amélioration conjoncturelle, on ne voit pas non plus de dégradation majeure. D’autre part, la volonté réaffirmée des autorités chinoises d’atteindre un objectif de croissance de 7,5 % en 2014 est rassurante sur la croissance à court terme. Dans ce contexte, nous pensons donc qu’il est préférable de maintenir une sous-exposition marquée aux obligations d’Etat et de s’exposer davantage aux marchés actions des pays développés pour bénéficier de la croissance ainsi qu’au crédit haut rendement afin de bénéficier du supplément de portage que ce dernier propose par rapport au crédit de bonne qualité.

Nous réalisons plusieurs arbitrages parmi les marchés d’actions. Ainsi, nous réduisons encore notre exposition aux actions des pays émergents : le climat économique et politique reste compliqué avec des élections importantes dans de nombreux pays, et si la sous-valorisation demeure notable, nous ne voyons pas de surperformance à court terme. Nous réduisons également notre exposition aux actions américaines du fait de leur performance relative. La contrepartie de ces mouvements est une augmentation de l’exposition aux actions européennes et japonaises. Nous pensons que le potentiel de croissance des résultats par action est plus important dans la zone euro mais nous prenons acte de la tendance régulière aux révisions en baisse des prévisions de résultats par les analystes pour les actions européennes alors qu’on observe des révisions en hausse au Japon, ce qui nous amène à prendre un pari plus marqué sur les actions japonaises que sur les actions de la zone euro par rapport à leurs poids relatifs.

Par ailleurs, le marché japonais devrait bénéficier du très probable assouplissement de la politique monétaire par la banque centrale afin d’accompagner l’augmentation de la TVA à partir du 1er avril. Néanmoins, le fort levier opérationnel des entreprises de la zone euro devrait permettre un rebond plus marqué des profits à moyen terme. Au sein de la zone euro, nous prenons nos profits sur les petites capitalisations, à la suite de leur très forte surperformance, pour augmenter l’exposition aux grandes capitalisations.

 

Principaux points forts du marché:

- Réduction de l’incertitude politique aux Etats-Unis

- Fort levier opérationnel des entreprises européennes

- Une inflation modérée dans les pays développés

Principaux points faibles du marché:

- Remontée des taux longs à cause du « tapering »

- Peu de marge de manœuvre pour les banques centrales émergentes

- Force de l’euro

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 18/03/14 à 16h00

CAC 40 : 4.323 / +0,64 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.081 / -0,88 %

DAX 30 : 9.271 / -2,94 %

FTSE 100 : 6.615 / -1,98 %

S&P 500 : 1.867 / +1,05 %

Dow Jones : 16.332 / -1,47 %

Nasdaq Composite : 4.315 / +3,34 %

Nikkei 225 : 14.411 / -11,54 %